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Ukraine, civils en danger

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Ukraine, civils en danger

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A l’est de l’Ukraine, le conflit s’enlise. 3,7 millions de personnes ont été touchées depuis 2013. Près de 9 500 ont été tuées. On recense 1,8 millions de déplacés internes.

Stanytsia Luhanska est une des petites villes qui bordent la “ligne de front” à l’est de l’Ukraine. C’est à la frontière entre l’autoproclamée république de Lougansk et Donetsk, où se situent les zones contrôlées par le gouvernement.

Les gens se pressent des deux côtés après des heures d’attente. Stanytsia Luhanska est le seul point de passage sur plus de 450 kilomètres de front. Toutes les nuits, les tirs croisés et les bombardements se font entendre malgré le cessez-le-feu. Chaque matin, les habitants viennent constater les dégâts sur leurs maisons.

Valentyna Tereshchenko nous montre sa fenêtre : “C’est à cet endroit que la vitre a été touchée et a explosé”. Puis, elle poursuit :
“Je colmate mes fenêtres parce que quand on allume la lumière, on nous voit de l’extérieur, ils pourraient nous tirer dessus.”

Juste à côté, la maison de Taisia vient à peine d‘être reconstruite grâce au concours d’une ONG norvégienne, financée par l’Union Européenne.

Aid Zone - Ukraine

“J’ai passé la nuit dans l’abri anti-aérien, je suis remontée et tout était recouvert de débris d’ardoise. Je suis revenue et il y avait ce grand trou ici, de la taille d’une grosse plaque d’ardoise.”

Il y a quelques mois, Taisia avait recu l‘équivalent de 400 euros en matériaux de construction de la part des ONG qui oeuvrent à Stanystia Luhanska.

“Nous avons réussi à réparer en urgence les abris de 78 familles, se félicite Tatiana Stepykina, du conseil norvégien pour les réfugiés. Cette année, nous avons aidé 9 200 personnes à réparer leur maison. C’est assez fréquent que ces zones soient désertées. Ici, il y avait 14 000 habitants avant le conflit, il n’y en plus que la moitié. Les jeunes et leurs familles avec des enfants en bas âge sont partis pour la plupart. Les personnes âgées, elles, restent.”

Ce n’est donc pas une surprise si le nombre de personnes déplacées ne cesse d’augmenter. Comme le besoin en soutien psychologique.
Près de Toresk, dans la région de Donetsk, nous avons rencontré des éducateurs. Ils ont participé au programme européen “Life Skills Education project”, dans le cadre de l’initiative “les enfants de la paix” menée conjointement par l’Union Européenne et l’Unicef.
Ils utilisent la communication émotionnelle pour aider des étudiants traumatisés par le conflit.

“Chaque enseignant a l’opportunité de suivre des formations qu’il peut ensuite mettre en pratique à l‘école et transmettre aux enfants. Le but est que l’enfant puisse se retrouver dans une situation de confort, qu’il puisse s’exprimer et peut-être surmonter certains événements”.

Yulia a participé au projet l’an dernier. Elle a 16 ans et a quitté Donetsk en 2014. Elle s’est installée dans la maison de sa grand-mère avec sa mère et sa petite soeur de deux ans. Son père travaille toujours de l’autre côté du front, à Donetsk.

“Je pense que ces cours sont plus intéressants que les cours habituels. Ici, vous pouvez parler, écouter les expériences de chacun, n’importe lesquelles. Je savais que la situation allait s’enliser. Il s’est avéré que j’avais raison. “.

Plus près de la ligne de front, une autre famille a été directement touchée par le conflit. Mykhailo, sa femme et ses quatre enfants dormaient quand un explosif a détruit la moitié de leur maison. Ils sont des miraculés et vivent toujours ici, au milieu des gravas, sans argent pour reconstruire, en attendant d‘être relogés. Pour eux, l’aide internationale devient cruciale.

“Notre priorité sont vraiment les zones les plus vulnérables, reconnaît Samuel Marie-Fanon, expert en aide humanitaire pour la Commission Européenne. Donc ça va être les zones du front, ça va être aussi les zones qui ne sont pas contrôlées par le gouvernement ukrainien, parce que il n’y a plus d’accès aux services de base. 40% de l’aide humanitaire de l’Union européenne va à ces zones-là, non contrôlées par le gouvernement ukrainien. Il est impératif que toutes les organisations humanitaires aient un plein accès à ces zones, il en va du respect du droit international humanitaire.”

Après notre visite, Mykhailo a reçu le soutien d’une ONG internationale qui lui a permis de consolider le plafond de sa maison. Lui et sa famille garderont un toit pour dormir.

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