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Tensions entre habitants de Lesbos et migrants


Grèce

Tensions entre habitants de Lesbos et migrants

Il y a un peu plus d’un an des centaines de migrants arrivaient sur l‘île grecque de Lesbos.

La situation s’est stabilisée depuis l’accord entre la Turquie et l’Union Européenne mais, à ce jour, 6 000 migrants sont bloqués à Lesbos.

Les habitants de l‘île sont mécontents et réclament une solution.

Avant l’accord entre Bruxelles et Ankara, les migrants avaient la possibilité de s’enregistrer et quitter Lesbos. Ce n’est plus possible et le maire de Lesbos, Spyros Galinos, dénonce l’impasse dans laquelle les réfugiés sont placés.

“J’ai depuis longtemps compris les dangers de cet accord qui, en réalité, enferme les migrants sur l‘île” dit il. “Cela ne peut pas durer. Il y a déjà beaucoup de tension entre les habitants et les réfugiés, et également au sein-même de notre communauté, c’est inquiétant. Certains essaient de les monter les uns contre les autres. Il faut trouver une solution aussi vite que possible, il faut trouver immédiatement.”

5 000 migrants vivent dans le centre d’accueil du village de Moria.

Roland Shönbauer est le porte-parole du Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés en Grèce.

“En Grèce, il y a toujours un haut niveau d’hospitalité et de compréhension vis-à-vis des réfugiés” dit il. “C’est peut-être parce ce que beaucoup de Grecs se souviennent d’avoir été, eux même ou leurs ancêtres, des réfugiés.”

L’hivers dernier, pour se réchauffer, les migrants ont fait du feu.

Le feu s’est propagé dans un propriété privée et plusieurs oliviers, dont certains bicentenaires, sont partis en fumée.

L’incident a ravivé le mécontentement des habitants du village qui estiment avoir accueilli plus de réfugiés qu’ils ne le pouvaient.

“Nous accueillons tous les réfugiés, tous” explique le responsable du village Nikos Trakellis. “Mais tous ces gens sont venus ici avec l’espoir d’une vie meilleure. Ils voudraient partir, mais ils sont pris au piège ici. Le mécontentement grandit au sein de notre communauté. Où cela va-t-il nous conduire ?! Il faut que cela s’arrête !”

“Nous sommes très mécontents à l’idée qu’on ait pu décider d’envoyer 6 000 personnes à Lesbos, 3 000 à Samos et 3 000 à Chios, pour ensuite les laisser là” avoue pour sa part Stavros Myrogiannis, le responsable du centre d’accueil Kara Tepe. “Ce n’est pas un entrepôt pour migrants et personne ne peut faire que la Grèce et Lesbos ne le deviennent ! Nous n’allons pas laisser faire. Nous ne laisserons jamais faire une chose pareille.”

Anthi Pazianou est une journaliste grecque qui travaille à Lesbos pour la presse locale et nationale.

“Même nous, les journalistes, nous faisons face à des situations extrêmes” explique-t-elle.

Quand les habitants de Moria ont manifesté et quand le centre d’accueil a pris feu le 19 septembre, certains journalistes ont été molestés.”

Panos Kitsikopoulos est l’envoyé spécial d’Euronews à Lesbos

“Les habitants de Lesbos ne refusent pas leur devoir humanitaire, mais ils aimeraient alléger la pression sous laquelle leur île est placée depuis plus d’un an” explique-t-il. “Face à l’inaction du gouvernement d’Athènes, le mécontentement s’amplifie en même temps que la propagande d’une petite fraction active de l‘île.”

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