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Les finalistes pour le prix Sakharov

Le prix Sakharoov a été créé en 1988 en référence au dissident soviétique Andrei Sakharov. Les lauréats sont récompensés pour leur contribution à la lutte pour les droits de l’homme dans le monde. Le prix attire ainsi l’attention sur les violations des droits de l’homme dans les pays concernés tout en apportant un soutien au lauréat et aux causes qu’ils défendent.

Parmi les illustres lauréats du prix, on compte notamment Nelson Mandela, Aung San Suu Kyi, Kofi Anan ou encore Malala Yousufzei.

Voici la liste des finalistes cette année :

Can Dündar, symbole de la censure en Turquie

Le journaliste Can Dündar a été rédacteur en chef du quotidien laïc et progressite Cumhuriyet de 2013 à 2016. Le titre a révélé dans une enquête en 2015 que les services secrets turcs effectuaient des livraisons d’armes à des groupes islamistes rebelles en Syrie, ce qui lui a valu une condamnation à cinq ans et dix mois de prison pour « tentative de renversement du gouvernement de la République de Turquie ou d’empêchement partiel ou total son action avec violence et coordination ».

Il vit aujourd’hui en exil en Allemagne et a fait appel de sa condamnation. Un mois après la tentative de coup d’Etat échouée le 15 juillet 2016, dans le contexte de répression généralisée, Can Dündar a démissionné de son poste de rédacteur en chef du journal Cumhuriyet. “Faire confiance à un tel pouvoir revient à mettre sa tête sous la guillotine. (…) Désormais, nous ne faisons pas face à la justice, mais au gouvernement”, a-t-il alors déclaré.

Mustafa Dzhemilev, la voix des Tatars de Crimée

Les Tatars de Crimée ont été massivement déportés par le pouvoir soviétique. Dissident du régime, il a toujours milité pour la reconnaissance des droits des Tatars et leur retour en Crimée. En 1989, il retourne s’installer avec sa famille dans la péninsule, un mouvement qui sera suivi par le retour des 250 000 Tatars criméens de Russie.

Après l’annexion de la péninsule par la Russie en mars 2014, Mustafa Dzhemilev a été l’un des initiateurs du blocus civil de la Crimée, visant à empêcher l’approvisionnement de produits alimentaires. Cette initiative a abouti au blocus de la Crimée par l’Ukraine.

Nadia Murad Basee et Lamiya Aji Bachar, victimes de la barbarie de l’Etat islamique

Nadia Murad Basee et Lamiya Aji Bachar ont toutes deux été des esclaves sexuelles de Daech. Elles sont toutes deux Yézidies et originaires du village de Kocho, dans la région de Sinjar, au Nord de l’Irak.

Quand ils ont conquis cette région, les jihadistes de l’Etat islamique ont massacré les hommes de sa famille, tandis que les femmes ont été emmenées captives à Mossoul. Elle a réussi à s’enfuir au bout de trois mois et à se réfugier en Allemagne. Nadia Murad Basee milite pour la reconnaissance d’un génocide contre les Yézidis par l’Etat islamique.

Honorée d‘être finaliste pour le prix Sakharov. Je suis reconnaissante à tous ceux qui ont soutenu ma nomination et celle de Lamiya pour une reconnaissance aussi prestigieuse

Le cauchemar de Lamiya Aji Bachar a duré plus longtemps. Elle a appartenu à trois hommes successifs. Elle a finalement réussi à s‘échapper au bout de la cinquième tentative, et a été grièvement blessée par une mine dans sa fuite.

Un prix politique

Par son essence même, le prix Sakharov est de nature à susciter la controverse. Le choix de Can Dündar risque d’irriter la Turquie, alors que celui de Mustafa Dzhemilev déplairait fortement à Moscou.

En 2010, il a été attribué au cubain Guillermo Farinas. C‘était alors la troisième fois en huit ans que le prix récompensait un dissident cubain. Des voix se sont alors élevées pour dénoncer une focalisation sur le cas cubain, alors que d’autres pays ont des bilans bien pires en matière de violation des droits de l’homme.

Les pays visés apprécient rarement d‘être pointés du doigt, et le font savoir, d’une manière ou d’une autre. En 2012, la visite de cinq eurodéputés à Téhéran a été annulée, car les autorités iraniennes ne les ont pas autorisé à rencontrer les deux lauréats de cette année-là, le cinéaste Jafar Panahi et l’avocate Nasrin Sotoudeh.

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