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De l'utilité de l'ONU

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A la veille de ses 71 ans, le “machin” comme l’appelait le Général De Gaulle trouvera-t-il un nouveau souffle avec son nouveau secrétaire général ? Antonio Guterres, après 10 ans passés sur le terrain, à la tête du Haut commissariat aux réfugiés, cristallise en tout cas les espoirs d’une organisation affaiblie et en quête de crédibilité.

Ban Ki-Moon n’a pas su s’imposer, ni en externe, ni en interne.
Les grands conflits du moment sont restés sans solution, la Syrie en tête, et l’organisation elle-même n’a pas connu les réformes pourtant attendues de longue date.

Un peu d’Histoire

Nous sommes en juin 1945, la conférence de San Francisco jette les bases de l’ONU.
La seconde guerre mondiale s’achève. La bombe atomique va encore tuer plus de 200 000 personnes à Hiroshima et Nagasaki.

Il faut tenter de changer le monde.
C’est la mission que se fixe, au fond, l’Organisation des Nations Unies, sortie des limbes le 24 octobre 1945, en remplacement de la Société des Nations.

Il faut maintenir la paix et la sécurité, les relations amicales entre Etats, promouvoir les Droits de l’homme et la démocratie, lutter contre le terrorisme et pour le désarmement.

Mais à la guerre succèdera la guerre froide. Une longue période de paralysie pour l’ONU.
Puis viendront le Rwanda, la guerre de Bosnie et avec ces conflits meurtriers, de vives critiques à l‘égard de l’organisation, incapable de prévenir, d’empêcher, puis de protéger les populations civiles.
Aujourd’hui, c’est la guerre en Syrie qui focalisent ces critiques, dont le martyr des habitants d’Alep est devenu le symbole.

Pourtant, en 2005, le très charismatique et respecté Kofi Annan, quittait l’ONU en lançant un appel :

Je prie instamment les Etats membres de rendre le Conseil de sécurité plus largement représentatif de la communauté internationale dans son ensemble, et je suggère que le Conseil de sécurité renouvelé devrait mettre noir sur blanc, dans une résolution, les principes selon lesquels il doit décider ou non d’autoriser l’usage de la force.

Depuis des mois, le Conseil de sécurité, l’organe exécutif de l’ONU, se déchire sur le conflit syrien. Sera-t-il un jour réformé ?

Actuellement, le Conseil comporte quinze membres, dont cinq permanents dotés d’un droit de veto (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Chine, Russie). Le G4 (Inde, Bresil, Allemagne, et Japon) propose un Conseil de 25 membres, dont six sièges permanents supplémentaires, pour eux-mêmes, et deux pays africains.

Outre cet élargissement, censé faire du Conseil un organe plus représentatif de la réalité géographique actuelle, c’est le droit de veto qui est le plus décrié et visé par les velléités de réforme. Un droit dont use régulièrement certains membres et qui bloque toute action.

Le Conseil de sécurité a été incapable de prendre une décision en ce qui concerne l’arrêt des interventions dans l’Est d’Alep la semaine dernière. Et cela soulève beaucoup de questions quand on parle du conseil de sécurité, la sécurité pour qui ? Certainement pas pour les habitants de l’Est d’Alep. Certainement pas pour eux“, déplorait récemment le Prince jordanien Zeid bin Ra’ad al-Hussein, haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l’homme depuis 2014.

Avec son expérience humanitaire, et la réalité du terrain qu’il connaît, Antonio Guterres saura-t-il peser sur l’organisation dont il prend la tête pour redorer son image et lui permettre de répondre à l’une de ses missions principales : maintenir la paix dans le monde ?

L’objectif est toujours aussi louable 71 ans après la création de l’ONU.

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