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"Toute vague migratoire oblige à penser droits des femmes"


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"Toute vague migratoire oblige à penser droits des femmes"

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A l’occasion de la Journée internationale de la fille organisée le 11 octobre sous l‘égide de l’ONU, Insiders met à l’honneur les droits des fillettes et des jeunes femmes à travers le monde en consacrant une émission aux mutilations génitales féminines (MGF) et au mariage forcé. Ces pratiques très anciennes existent aussi en Europe où les autorités de certains pays, ainsi que les associations se mobilisent pour les faire reculer. C’est le cas en France, de la Fédération GAMS, Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles, des Mariages Forcés et autres pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des enfants. Sa directrice générale Isabelle Gillette-Faye nous rappelle l’importance de la prévention et de l’information sur ces questions et souligne le rôle moteur de la France et du Royaume-Uni dans la lutte contre les mutilations génitales féminines pour l’une et le mariage forcé pour l’autre.

Sophie Claudet, euronews :
“Pourriez-vous nous préciser les origines culturelles des mutilations féminines génitales ?”

Isabelle Gillette-Faye, directrice générale du GAMS :
“Ce sont des pratiques qui remontent au VIe siècle avant J.C., c’est-à-dire avant le judaïsme, la chrétienté et l’islam. Mais elles se sont développées surtout dans l’Est de l’Afrique, dans toute la région du Nil, plus tard dans d’autres régions du monde – je pense notamment à l’Amérique centrale ou à l’Afrique de l’Ouest. Elles étaient surtout liées à des rites qui permettaient une meilleure fécondité des femmes ou une meilleure fécondité de la terre. Donc, on était plutôt sur des rites de type animiste.”

Sensibilisation et répression

Sophie Claudet :
“Pour ce qui concerne les mariages forcés, on sait que cette pratique est punie par la loi en tant que crime dans une dizaine de pays européens seulement. Est-ce que la répression suffit ? Est-ce qu’il en faut davantage ?”

Isabelle Gillette-Faye :
“De manière à ce qu’on obtienne un changement de comportement global des populations directement concernées, il faut à la fois, une approche préventive en direction des adultes, de la sensibilisation en direction des adolescents et des adolescentes et pour les cas où effectivement, cette information, cette sensibilisation n’aurait pas suffi, on doit en passer par la répression.”

Exemples de la France et du Royaume-Uni

Sophie Claudet :
“Y a-t-il un ou des pays européens qui se distinguent par le succès de leur politique que ce soit pour limiter les mariages forcés ou les mutilations génitales féminines ?”

Isabelle Gillette-Faye :
“Sur la thématique des mutilations sexuelles féminines, la France est reconnue comme l’un des pays qui travaillent depuis le plus longtemps sur le sujet : dès le début des années 80, on a eu des procès, des campagnes de sensibilisation, de formation des professionnels, donc cela fait quand même une trentaine d’années qu’on travaille de façon extrêmement pointue sur le sujet, que ce soit au niveau de l’Etat français ou des associations.
En ce qui concerne les mariages forcés, je pense que l’Angleterre est un très, très bon exemple parce qu’ils ont mis en place depuis très longtemps, par exemple, une force de police qui pouvait intervenir à l’aéroport pour protéger les jeunes filles qui quittaient le Royaume-Uni pour se rendre dans un autre pays avec un risque de mariage forcé. Mais il y avait aussi des campagnes de sensibilisation et d’information, un numéro d’appel pour les personnes en danger et des possibilités d’hébergement pour les victimes.”

“S’inspirer de ce qui se fait dans les pays d’origine”

Sophie Claudet :
“Parmi les femmes qui arrivent aujourd’hui en Europe, certaines viennent de zones où sont pratiqués les mariages forcés et les mutilations sexuelles féminines. Cela veut-il dire que cela va perdurer avec ces nouvelles vagues de migrants ? Est-ce qu’il va falloir recommencer des campagnes de sensibilisation ciblées sur ces communautés ?”

Isabelle Gillette-Faye :
“De toutes façons, toute nouvelle vague migratoire oblige à penser la thématique des droits des femmes, la thématique des violences et la façon dont on peut agir pour protéger d‘éventuelles victimes ou de potentielles victimes. Il faut partir des connaissances qu’on a sur le terrain et se demander – est-ce que dans les pays que ces personnes ont quitté, il y avait déjà des messages de prévention, d’information, de sensibilisation sur le sujet ? Est-ce que dans ces pays-là, on n’avait pas déjà mis en place de la prévention, de la protection ? – de manière à s’inspirer de ces exemples venant des pays d’origine pour les appliquer et les adapter à nos territoires européens.”

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