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La vendetta des Balkans

La loi du talion est appliquée aujourd’hui encore aux portes de l’Union européenne, dans le nord de l’Albanie, dans les villages de cette région frontalière du Kosovo et du Monténégro.

Ici, la vendetta est régie par des lois coutumières inscrites dans le “Kanun”, un corpus de règles qui interdit de faire couler le sang à l’intérieur des maisons familiales.

La seule solution pour éviter la vendetta et de rester chez soi et, en Albanie, certains enfants sont enfermés depuis des années.

Lijana Luani est enseignante et dans son temps libre, elle vient en aide à ces familles enfermées dans le cycle des vengeances.

Dans la maison où elle s’est rendue cette fois-ci, deux adolescents sont cachés, leur mère craint qu’ils ne soit tués pour venger le meurtre de leur père.

Lijana Luani : “C’est ça qui me pousse à aller de maison en maison pour soutenir les enfants qui font face à la vendetta. Je vis avec leurs souffrances, avec leur douleur et celle de leur famille. Émotionnellement, je suis très impliquée.”

Les règles du Kanun établissent que seuls les hommes d’une famille ou d’un clan, et non les femmes et les jeunes enfants, peuvent être la cible d’une vengeance.

Lijana Luani raconte qu’un adolescent de l‘école où elle enseigne a été tué dans le cadre d’une vengeance. Le jeune homme se savait menacer, mais refusait d’abandonner le lycée.

Lijana Luani : “Il était mon élève, voilà deux ans qu’ils l’ont tué. Il était adolescent. Je n’oublierai jamais cet enfant. Je peux encore entendre sa voix et son rire dans les couloirs de l‘école quand je passais ma main dans ses cheveux alors qu’il essayait de les coiffer. Je ne l’oublierai jamais. Le malheur ne l’a pas épargné, la vengeance du sang n’a pas épargné sa vie.”

Un meurtre ou même un accident peut être à l’origine d’un cycle de vengeance qui peut s‘étendre sur plusieurs générations.

Lijana Luani : “Je pense que l‘éducation, l‘éducation morale de cette génération est une arme très efficace pour briser le cycle de la violence, voilà ce que je pense. Lorsqu’on est éduqué, on est moins victime de ce type de préjugés, on ne tombe pas dans le cycle de la vengeance de sang.”

Les autorités albanaises ne parviennent pas à mettre un terme aux cycles des vendettas.

Selon les estimations, en Albanie, plusieurs milliers de personnes, dont des enfants, vivent sans sortir de chez eux pour éviter le tueur d’une famille qui voudrait se venger.

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