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Turquie : le principal parti prokurde visé par une vague d'arrestations

Au moins 11 députés du HDP, la troisième force du parlement turc, ont été arrêtés dans la nuit de jeudi à vendredi.

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Turquie : le principal parti prokurde visé par une vague d'arrestations

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Les deux co-dirigeants du principal parti prokurde de Turquie ont été placés en garde à vue cette nuit (dans la nuit du 3 au 4 novembre 2016).

Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ en garde à vue

Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ ont été interpellés à leur domicile dans le cadre d’une “enquête antiterroriste” liée au PKK, d’après les autorités.

Au total, au moins 11 députés kurdes ont été arrêtés. Ils appartiennent au HDP, le Parti Démocratique des Peuples, la troisième force politique du pays.

Le HDP lié au PKK d'après le pouvoir turc

Selon l’agence de presse pro-gouvernementale Anadolu, tous auraient refusé de répondre à des convocations judiciaires, d’où leur placement en garde à vue.

Ci-dessous, l’arrestation d’Idris Baluken, le président du groupe parlementaire HDP qui invective les policiers : “lâchez-moi ! Je représente des centaines de milliers de personnes”, dit-il.

L'immunité des députés levée depuis mai

En mai, le parlement turc avait voté la levée de l’immunité des députés menacés de poursuites judiciaires.

Cette mesure rendait ainsi possible l’arrestation de Selahattin Demirtaş.

Le co-leader de l’HDP est visé par une enquête pour “troubles à l’ordre public” et “incitation à la violence” pour des faits remontant à octobre 2014.

Les événements d'octobre 2014

A l‘époque, le HDP avait soutenu des manifestations pour protester contre le refus des autorités turques d’aider les Kurdes de Syrie menacés par les jihadistes de l’Etat Islamique.

Au moins 35 personnes avaient été tuées lors de ces rassemblements.

"une déclaration de guerre à la démocratie"

Le pouvoir turc accuse la formation prokurde d‘être la branche politique du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan, une organisation jugée terroriste par Ankara.

Pour le HDP, le président turc cherche surtout à réduire au silence le parti qui l’a privé de majorité absolue au parlement.

Le parti dénonce, sur les réseaux sociaux, “un coup d’Etat”, et une “déclaration de guerre contre la démocratie”.

Avec agences.