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L'héritage Obama


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L'héritage Obama

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En 2008, un immense élan d’espoir soulève l’Amérique et le monde à l’arrivée à la Maison blanche du premier Président noir.
“Yes we can” était son slogan…
Il l’a fait. Et le refait en 2012. C’est le deuxième Président démocrate à réussir ce challenge, après Bill Clinton, depuis la seconde guerre mondiale.

Huit ans plus tard, quel héritage laisse Barak Obama ?

Politique intérieure

En matière de politique intérieure, il y aura bien sûr la fameuse réforme du système médical, connu sous le nom d’Obama care.

L’idée était de donner au plus grand nombre possible d’Américains une couverture maladie. D’autres avaient essayé avant lui. En vain. Bien qu‘éloignée des objectifs premiers, la situation, aujourd’hui, est bien meilleure.

A l’image de l‘économie. Arrivé en plein marasme mondial, on retiendra de ses deux mandats, la relance de l‘économie via un plan de près de 720 milliards d’euros, la relance de l’industrie automobile qui était presque moribonde et la baisse du taux de chômage de 11 à 5 %.

En revanche, sur le chapitre de la violence et des inégalités raciales, le Président a sans doute échoué. Et la déception des communautés noires est proportionnelle à l’espoir suscité. Les inégalités, pas plus que les tensions entre communautés n’ont diminué.
Ferguson restera l’emblème de ce rendez-vous raté.

Politique étrangère

Un an après son élection, Barack Obama se voit décerner le prix nobel de la Paix. Le choix en laissera certains perplexes, mais il se voulait peut-être prémonitoire. La paix, il va s’y employer durant huit ans sur certains fronts.

Et si ce n’est pas la paix, ça y ressemble : l’accord historique avec l’Iran sur le nucléaire aurait pu valoir à ses artisans le prix nobel. L’accord et ses conséquences sont d’une importance capitale pour le monde.

Les Etats-Unis et nos partenaires internationaux ont réussi ce que des décennies d’animosité ont échoué à faire.

Et que dire des décennies d’animosité entre Cuba et Washington ? C‘était un voeu d’Obama. Il l’a fait. Après un demi-siècle d’hostilité, les deux pays enterrent la hache de guerre, les deux Présidents multiplient les poignées de main et l’ambassade américaine est rouverte à la Havane.

Bien avant, en 2011, il y avait eu peut-être l‘évènement le plus symbolique du premier mandat d’Obama : l’assassinat d’Oussama Ben Laden, cerveau des attentats du 11 septembre.
Une victoire pour le Président, ses troupes et son état-major. Mais cette mort ne réglera rien à l’instabilité de la région, ni au terrorisme.

L’une des promesses de campagne du candidat Obama était le retrait des troupes américaines de l’Irak et de l’Afghanistan. Il la tient, elle aussi, du moins en grande partie.
En 2011, les derniers GI’s quittent l’Irak. En 2013, le retrait commence en Afghanistan. De 66 000 en 2013, ils sont encore près de 10 000 et 8 400 y resteront encore jusqu’en 2017.
Les Américains lui en sont gré.
Mais l’Irak plonge dans la guerre civile.

Et la Syrie voisine bascule à son tour en 2011. Le nouvel ennemi n’est plus al Qaïda, mais Etat islamique. Et les Etats-Unis, malgré une coalition mise en place tardivement, sont impuissants à arrêter cette guerre et à décimer cet ennemi.
Au passage, les relations avec la Russie, pourtant au coeur des préoccupations d’Obama, se dégradent comme jamais.

Danseur émérite, Obama a imposé un rythme soutenu à ses deux mandats, avec des figures inédites et quelques faux pas. Indéniablement, il laissera un style, unique. L’Histoire dira si son héritage est à la hauteur de sa présence.

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