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Les "Contes d'Hoffmann" à l'Opéra Bastille : un combat entre l'art et la vie


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Les "Contes d'Hoffmann" à l'Opéra Bastille : un combat entre l'art et la vie

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C’est un chef-d‘œuvre du répertoire romantique et l’un des opéras français les plus joués dans le monde : “Les Contes d’Hoffmann” d’Offenbach. Cette pièce aux multiples facettes qui mêle le réel et l’imaginaire, la littérature et la musique, la création artistique et l’amour et qui a pour thème, la quête de l’absolu et de l‘éternel féminin est de retour à l’Opéra Bastille à Paris dans une mise en scène de Robert Carsen. Le ténor Ramón Vargas incarne le rôle-titre tandis que la soprano Ermonela Jaho interprète une émouvante Antonia.

Considérés comme le chef-d‘œuvre d’Offenbach, les Contes d’Hoffmann font leur retour à l’Opéra Bastille à Paris. Le metteur en scène Robert Carsen dynamise ce conte fantastique où l’irréel côtoie le tragique et le rêve, le tragicomique et fait chavirer le public et les interprètes.
Ramón Vargas tient le premier rôle masculin. “Hoffmann est un rôle difficile parce que c’est une histoire totalement folle ! s’enthousiasme le ténor mexicain. Ce qu’a fait Robert Carsen est génial ! poursuit-il. Il a placé le récit à l’intérieur d’une pièce de théâtre et tout devient théâtre, il n’y a qu’Hoffmann qui ne se rend pas compte qu’il est dans une pièce, il croit que c’est la vie réelle, il confond son imagination et la réalité,” souligne Ramón Vargas.

“Je crois qu’aujourd’hui, je comprends mieux mon personnage, estime-t-il. J’ai de la sympathie pour cet homme désespéré qui a une telle volonté de vivre et de trouver le véritable amour et qui au final, choisit de privilégier son talent, de suivre la voie de la poésie et de l’art plutôt que celle de l’amour,” conclut-il.

Du rire aux larmes

Ermonela Jaho nous en dit plus sur son personnage : “Antonia me correspond bien à cause de son caractère notamment : elle est tellement passionnée, c’est une artiste, elle est atteinte d’une maladie mystérieuse que sa mère lui a transmise : si elle n’abandonne pas le chant, elle mourra ; mais elle est prête à renoncer à tout pour chanter ! insiste-t-elle. Ce personnage s’accorde tellement avec ma propre personnalité comme une robe faite sur-mesure,” dit-elle dans un sourire.

Dans cet opéra qui va du rire aux larmes, les instants légers en apparence contrastent avec les passages dramatiques.

La soprano albanaise voit des analogies entre le dilemme auquel est confronté son personnage et sa propre vie : la scène où le fantôme de la mère d’Antonia lui apparaît et l’appelle renvoie la cantatrice à des souffrances personnelles : “Ma mère ne m’a jamais vue chanter sur scène et quand le trio commence, confie Ermonela Jaho, j’oublie que je suis juste le personnage d’Antonia, j’oublie que je suis chanteuse et je redeviens une petite fille. La musique a une telle force : elle peut atteindre, très précisément, ce point de fragilité qui est dans ton cœur,” estime-t-elle.

De nouvelles représentations des Contes d’Hoffmann sont prévues à l’Opéra Bastille, les 12, 15, 18, 21, 24 et 27 novembre.

Stéphanie Lafourcatère

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