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53 ans de "je taime, moi non plus" entre la Turquie et l'UE


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53 ans de "je taime, moi non plus" entre la Turquie et l'UE

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La Turquie a toujours eu des ambitions pro-européennes.
Et il y a plus de 50 ans, lorsque les tractations commencent, l’Union voit aussi en cette république laïque, à mi-chemin entre le vieux continent et le Moyen-Orient, un grand marché de 80 millions d’habitants. Ankara signe donc un accord d’association avec l’Union européenne en 1963.

Mais ce n’est qu’en 2005 que les négociations d’adhésion de la Turquie débutent officiellement.

En dépit des conseils de prudence, la Commission européenne estime que le temps est venu.
De nombreux Etats membres, l’Autriche, et la France de Nicolas Sarkozy tiquent…

Après un démarrage sur les chapeaux de roue, le problème de Chypre ou encore le ralentissement des réformes du côté turc empoisonnent les négociations.

Puis en 2013, la répression violente et massive du mouvement contestataire par Erdogan décide l’Union européenne à tout arrêter.
Il y a six morts, des milliers de blessés… Le point de départ : la transformation du parc Gezi à Istanbul dans un contexte de restrictions des libertés laïques.

Ils doivent réfléchir à leur procédure et au comportement de la police et de l’armée. Il doit y avoir un geste de la part de la Turquie avant que l’on commence les négociations sur l’ouverture d’un nouveau chapitre,“ expliquait alors le ministre autrichien des affaires étrangères, Michael Spindelegger.

Les rapports entre Ankara et Bruxelles se détériorent encore plus après le coup d’Etat manqué de juillet 2015 et les purges massives engagées par les autorités turques contre les protagonistes présumés qui seraient liés au mouvement du prédicateur Fethullah Güllen.

L’Union européenne met en garde le Président turc contre toute atteinte aux Droits de l’Homme et rappelle à Ankara de respecter l’Etat de droit, en vain.

Mais en plein contexte de guerre en Syrie et de crise des réfugiés, un analyste turc, Nail Alkan de l’Université Gazi, voit une autre explication au non-avancement des négociations d’adhésion :

La Turquie peut difficilement être accepté en tant que membre de l’Union européenne à cause de l’existence de l’islamophobie en Europe. L’Union européenne essaie aujourd’hui d‘éviter les pays voisins de la Turquie, l’Iran, l’Irak, la Syrie.

Pourtant quelques mois avant le coup d’Etat manqué, en mars, l’Union européenne voyait en la Turquie une aide précieuse pour s’occuper des réfugiés syriens. elle lui promettait trois, puis six milliards d’euros pour maintenir les réfugiés sur son sol et les empêcher de partir vers l’Europe. Ankara acceptait et demandait la suppression de l’obligation de visa pour ses ressortissants à l’entrée dans l’UE.

Ces dernières semaines, voulant accentuer la pression sur l’Union, Erdogan a évoqué la possibilité de recourir à un référendum sur le processus d’adhésion l’an prochain :

Soyons patients jusqu‘à la fin de l’année, ensuite nous demanderons au peuple. La souveraineté, inconditionnelle appartient au peuple, donc demandons au peuple.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a toutefois appelé en milieu de semaine à “garder les canaux (de communication) ouverts” avec la Turquie :

Si le processus d’adhésion prend fin, je crois que nous nous retrouverons dans un scénario où tout le monde est perdant. L’Europe perdrait un important canal de dialogue et de levier avec la Turquie et la Turquie y perdrait beaucoup.

Se sentant en position de force, Erdogan avait déclaré dimanche que son pays ne voulait pas adhérer à tout prix à l’Union européenne, et qu’il pourrait frapper à la porte de l’organisation de coopération de Shanghaï, le “Shanghaï Five”, un bloc dominé par la Russie et la Chine, notamment.

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