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Catholiques et Orthodoxes : qu'est-ce qui les divise ?


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Catholiques et Orthodoxes : qu'est-ce qui les divise ?

Les chrétiens catholiques et orthodoxes croient tous en Dieu et en la Bible, alors pourquoi ces différences de culte et de hiérarchie ? Il faut remonter des siècles en arrière…

Histoire

Au sein de la Chrétienté, les grandes querelles avaient déjà commencé à éloigner l’Eglise d’Occident et les Eglises d’Orient bien avant la rupture. Des facteurs politiques, comme l’invasion normande des possessions byzantines d’Italie, ou socioculturels, comme l’aspiration de la papauté à dominer la scène politique, jouèrent au cours des siècles suivants un rôle au moins aussi important que les querelles théologiques.

La première rupture est survenue le 16 juillet 1054 entre l’Eglise de Rome et l’Eglise de Constantinople, lorsque le cardinal Humbert de Moyenmoutier déposa sur l’autel de la basilique Sainte-Sophie une bulle excommuniant le patriarche Michel 1er Cérulaire et ses proches collaborateurs. Ce à quoi, le patriarche rétorqua en excommuniant à son tour le cardinal Humbert, légat du Pape Léon IX qui venait de mourir.

En 1054, l’orthodoxie des sept conciles fut donc adoptée par quatre des cinq patriarcats de l‘Église indivise : Constantinople, Antioche, Alexandrie et Jérusalem.
Le seul patriarcat à se séparer fut Rome. C’est ce qu’on a appelé le Grand schisme d’Orient.

L’orthodoxie revendique l’exacte conformité de ses enseignements avec ce qui était enseigné par le Christianisme des origines, des Pères de l‘Église indivisée et des sept conciles œcuméniques.

Et c’est, finalement, la prise de Constantinople par les croisés en 1204 et la constitution de patriarcats “latins” sur le territoire des patriarcats grecs qui consommèrent la rupture.

Cela entraîna l’exil de bon nombre d‘évêques orthodoxes et déconsidéra durablement l‘église d’Occident aux yeux des populations orthodoxes.

A noter qu’il a fallu attendre le 7 décembre 1965, avant-dernier jour du IIe concile œcuménique du Vatican, pour que le patriarche Athénagoras Ier de Constantinople lève l’excommunication prononcée contre le cardinal Humbert de Moyenmoutier et dans le même même temps, le pape Paul VI levait celle contre le patriarche Michel Ier Cérulaire.

Hiérarchie

Catholiques et Orthodoxes sont organisés en trois catégories principales ; diacres, prêtres et évêques.

La grande différence entre les deux porte sur le statut du Pape catholique romain.

L‘évêque de Rome, très tôt dans l’histoire chrétienne, avait une position d’honneur à cause de l’importance historique de sa ville. Mais, même si les Orthodoxes étaient heureux de reconnaître le Pape, ils rejetaient sa suprématie sur l’Eglise dans son ensemble, son “infaillibilité” sur les questions religieuses.

Au cours du deuxième millénaire, l’Eglise catholique romaine a développé un concept extrêmement centralisé de l’autorité spirituelle, du pouvoir, mais l’Eglise orthodoxe a toujours toléré une plus grande indépendance. Elle est effectivement composée d’un certain nombre d‘églises autonomes.

Le patriarche de Constantinople, par exemple, n’a pas de compétence directe sur les autres Patriarches.

Croyances

Les croyances de l’Eglise catholique romaine sont soigneusement rassemblées dans le Catéchisme. Ce n’est pas le cas pour l’Eglise orthodoxe.

Néanmoins, toutes deux respectent les décisions prises par les sept premiers conciles œcuméniques qui réunissaient les dirigeants de l’Eglise entre 325 et 787 sur des principes clefs, tels que :

  • La Trinité*, mystère fondant le culte commun. Dieu est unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit : “Le Père” dans le ciel, “Le Fils, Jésus-Christ” sur terre et “Le Saint-Esprit”, qui est la présence de Dieu partout.

Les Catholiques et Orthodoxes sont toutefois en désaccord sur la façon dont l’Esprit Saint circulent au sein de la “Sainte Trinité” et touche les fidèles : du Père PAR le Fils chez les Orthodoxes, alors que chez les Catholiques, le Saint-Esprit procède du Père ET du Fils.

  • La capacité de Jésus-Christ d‘être d‘être à la fois divin et humain*.
  • Le statut spécial de Marie, mère de Dieu*, même si le dogme de l’Immaculée conception chez les Catholiques n’est pas reconnu comme tel par les orthodoxes qui reconnaissent toutefois “la maternité divine de la Toute Pure Vierge-Marie, Mère de Dieu”.

L’importance de la fête de Pâques

Mais ils ont des interprétations différentes de la signification de Pâques, (Passion, Mort et Résurrection du Christ). Pour les Catholiques, la crucifixion de Jésus a sauvé l’homme. De par sa mort, Jésus a lavé les pêchés du monde.

Pour les orthodoxes, le salut est obtenu par le triomphe du Christ sur la mort dans la Résurrection.

Traditions

La richesse des pratiques spirituelles des Eglises catholique et orthodoxes est exceptionnelle.

Toutes deux ont pour référence les sept sacrements : Baptême, Confirmation, Eucharistie, Réconciliation, Onction des Malades, Ordre, Mariage.

Les Catholiques font le signe de croix : front, torse, épaules de droite à gauche. Les Orthodoxes font le signe de croix : front, torse, épaules de gauche à droite.

Les Popes font quotidiennement la messe et ne parlent pas, mais chantonnent.

Les Catholiques prient debout ou à genou pendant la messe, alors que les Orthodoxes restent debout ou assis.

Les Orthodoxes mangent du pain fermenté au levain, tandis que les Catholiques mangent du pain azyme (sans levain) ou hostie.

Alors que les Catholiques ont des statues et des tableaux pour représenter les saints, l’Eglise orthodoxe a une riche tradition iconographique. Et l’art grec, contrairement à l’art occidental, ne se focalise pas sur l’image de Jésus, saignant sur la croix.

Chez les Orthodoxes, le baptême se fait par immersion.

Et les prêtres ou Popes peuvent être ordonnés s’ils sont mariés et peuvent avoir des enfants. L’Eglise catholique l’interdit et impose le célibat.

Enfin, l’Eglise catholique utilise le calendrier grégorien depuis 1582. C’est le pape romain Grégoire XIII qui l’avait introduit au XVIème siècle. L’Eglise orthodoxe utilise encore le calendrier julien : un calendrier solaire introduit par Jules César en 46 avant J.-C..
Mais de nombreuses Eglises orthodoxes ont, petit à petit, adopté le nouveau calendrier grégorien, ce qui signifie que les fêtes coïncident, sauf pour Pâques qu’ils calculent toujours selon l’ancien calendrier julien. Il peut y avoir parfois 5 semaines de décalages entre la fête de Pâques chez les Catholiques et les Orthodoxes.

Si, dans la pratique de la foi, les différences peuvent paraître importantes, spirituellement et théologiquement, chrétiens orthodoxes et catholiques sont assez proches.

De nombreuses tentatives ont d’ailleurs été menées au cours des siècles pour réunir l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes, et ces efforts sont susceptibles de continuer à travers le troisième millénaire.

Tout semble encore aujourd’hui histoire de pouvoir politique et économique…

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