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Fidel Castro est mort, neuf jours de deuil national à Cuba

Il était le père de la Révolution cubaine, l’un des derniers communistes de la planète.

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Fidel Castro est mort, neuf jours de deuil national à Cuba

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Il était le père de la Révolution cubaine, l’un des derniers communistes de la planète. Fidel Castro est mort vendredi soir à l‘âge de 90 ans. L’annonce a été faite par son frère, Raul Castro, qui lui avait succédé au pouvoir en 2006, lors d’une courte allocution à la télévision cubaine :

“Cher peuple de Cuba, c’est avec une profonde tristesse que je me présente devant vous pour annoncer à notre peuple, à nos amis d’Amérique et du monde qu’aujourd’hui, le 25 novembre 2016, à 22h29, est décédé le commandant en chef de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz. Conformément à la volonté du compagnon Fidel, sa dépouille sera incinérée dans les premières heures de la journée de samedi.[…] Hasta la victoria sempre !”

Neuf jours de deuil national ont été décrétés par les autorités cubaines. Un hommage public sera rendu place de la Révolution à La Havane le 29 novembre. Une procession avec les cendres de l’ancien président traversera ensuite le pays durant quatre jours, en empruntant le chemin suivi par les guerilleros durant la Révolution cubaine. Les funérailles sont prévues le 4 décembre au cimetière Santa Ifigenia de Santiago de Cuba, où est enterré José Marti, héros de l’indépendance cubaine.

On ignore encore les raisons du décès de Fidel Castro, mais le “Lider Maximo” était en mauvaise santé depuis plusieurs années. Il avait cédé le pouvoir à son frère en 2006 après une hémorragie intestinale. Ses apparitions publiques se faisaient rares et sa disparition avait déjà été annoncée par erreur à de nombreuses reprises.

Les réactions à la mort de Fidel Castro sont contrastées, à l’image d’un homme au parcours controversé, icône révolutionnaire pour les uns, dictateur pour les autres. A Miami aux Etats-Unis, la nouvelle a été accueillie par des klaxons et des cris de joie au sein de la communauté cubaine, comme en témoignent les journalistes présents sur place :

Les condoléances et les hommages des hommes politiques du monde entier ont commencé à affluer dès samedi matin, à l’instar des messages publiés sur Twitter par le président mexicain Enrique Nieto ou encore le président vénézuélien Nicolas Maduro, qui a appelé à “poursuivre son héritage et reprendre le flambeau de l’indépendance, du socialisme, de la patrie humaine”.

Dans un communiqué, le président français François Hollande a salué “une figure du XXe siècle [qui] avait incarné la révolution cubaine, dans les espoirs qu’elle avait suscités puis dans les désillusions qu’elle avait provoquées.” Il a par ailleurs demandé que l’embargo qui “pénalise” Cuba soit définitivement” levé, lors d’une déclaration à la presse samedi à Madagascar.

“Le camarade Castro vivra éternellement”, selon le président communiste chinois Xi Jinping, dans un message lu à la télévision d’Etat. “Le peuple chinois a perdu un camarade bon et sincère”, a-t-il ajouté.

Fidel Castro était le “symbole d’une époque”, a réagi le président russe Vladimir Poutine dans un message adressé au président cubain Raul Castro, ajoutant que “Fidel Castro “était un ami sincère et fiable de la Russie”.

L’ancien président de l’ex-URSS Mikhaïl Gorbatchev a lui aussi rendu hommage à Fidel Castro, qui a “fortifié” Cuba “au cours du blocus américain le plus dur, quand il y avait une pression monumentale sur lui et il a pu (…) mener son pays sur la voie du développement indépendant.”

Le gouvernement américain, lui, n’a pas encore réagi. Seul le président élu Donald Trump a publié un tweet laconique dans la journée de samedi. La CIA avait reconnu en 2006 qu’elle avait tenté plus de 600 fois d’assassiner Fidel Castro, avec des pilules toxiques, des cigares empoisonnés ou encore des mollusques piégés aux explosifs. La mort du leader communiste intervient deux ans après le rapprochement historique entre Cuba et les Etats-Unis, qui avait tourné définitivement la page de la Guerre froide.