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Dette grecque : un bien coûteux toilettage

L'Eurogroupe a concédé un léger rabais de la dette grecque, mais les contreparties exigées condamnent le pays à l'austérité éternelle.

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Dette grecque : un bien coûteux toilettage

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La Grèce a décroché un léger toilettage de sa dette lundi à Bruxelles. Les ministres des Finances de la zone euro lui ont concédé un rabais de 45 milliards d’euros d’ici 2060, via des extensions de maturité et le plafonnement des intérêts.

Point of view

Tout gouvernement qui essaiera de remplir ces objectifs ambitieux, s'il accentue encore plus la pression fiscale, risque de tuer pour de bon l'économie grecque.

Michael Massourakis Chef économiste de la Fédération hellénique des entreprises

C’est à peine 20% d’une dette astronomique de 323 milliards d’euros, soit 180% du PIB grec. En 2060, ce ratio tomberait à 105% du PIB, un niveau toujours inquiétant.

Napoleon Maravegias, professeur d‘économie européenne, y voit un signe positif et se dit optimiste. “Une fois la deuxième revue du programme d’aide bouclée, les choses iront mieux,“ assure-t-il. “Amélioration des conditions d’investissement, participation au programme d’assouplissement quantitatif, retour sur les marchés financiers… D’ici deux ans, les effets se matérialiseront dans nos portefeuilles. Même si nous n’aurons pas renoué avec la prospérité.

Des contreparties insoutenables

La facture de cette restructuration de dette à minima s’avère cependant salée. Athènes devra maintenir son excédent primaire à 3,5% après la fin du troisième plan de sauvetage international, en 2018.

Notre correspondante à Athènes, Symela Touchtidou, rappelle que “le premier ministre grec Alexis Tsipras lui-même avait déclaré en juin, qu’il était “_absolument impossible de maintenir un excédent primaire de 3,5% après 2018 si l’on voulait éviter de couler l‘économie grecque.” Aujourd’hui, le gouvernement amorce un virage à 180 degrés et s’engage sur cet objectif pour une durée indéterminée.

Pour le tenir, il faudra davantage de mesures d’austérité. Le chef économiste de la Fédération hellénique des entreprises, Michael Massourakis, tire la sonnette d’alarme.

En 2017, nous nous attendons à 2,5 millions d’euros de nouvelles taxes. Nous sommes inquiets quant à leur impact sur l’activité économique. Tout gouvernement qui essaiera de remplir ces objectifs ambitieux, s’il accentue encore plus la pression fiscale, risque de tuer pour de bon l‘économie grecque,“ prévient-t-il.

Un avis partagé par le Fonds monétaire international, qui réclame une restructuration décisive de la dette. Le FMI en fait d’ailleurs la condition de sa participation au plan d’aide international.