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Italie : Paolo Gentiloni dévoile son gouvernement


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Italie : Paolo Gentiloni dévoile son gouvernement

Le nouveau chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni a dévoilé, lundi, la liste de son gouvernement formé, sans surprise, d’une majorité de ministres déjà présents dans l‘équipe sortante dirigée par Matteo Renzi, une continuité dénoncée par l’opposition.

Le 64e gouvernement italien depuis 1946 a commencé à prêter serment lundi soir, mettant ainsi un terme à l’une des plus brèves crises politiques dans l’histoire de la République, cinq jours après la démission de Matteo Renzi. “J’ai fait de mon mieux pour former le nouveau gouvernement dans les délais les plus brefs conformément à l’invitation du président de la République et aussi dans l’intérêt de la stabilité de nos institutions“, a déclaré Paolo Gentiloni, 62 ans, après avoir présenté son équipe au chef de l’Etat, Sergio Mattarella.

Une copie “presque” conforme de l‘équipe Renzi

A l’issue d’une journée de consultations au cours de laquelle il a rencontré les représentants des différents groupes parlementaires, M. Gentiloni, fidèle lieutenant de l’ex-Premier ministre Matteo Renzi, a présenté une équipe peu remaniée par rapport au gouvernement sortant.

M. Gentiloni, le ministre des Affaires étrangères sortant, a annoncé que son successeur à a tête de la diplomatie italienne serait Angelino Alfano, le ministre de l’Intérieur sortant et ancien bras droit de Silvio Berlusconi. Dans ce jeu de chaises musicales, c’est l’ancien secrétaire d’Etat chargé des services secrets, Marco Minniti, qui remplace Angelino Alfano à l’Intérieur. Comme attendu, le ministre des Finances Pier Paolo Padoan, 66 ans, est maintenu dans ses fonctions dans un contexte de regain en Italie d’une crise bancaire récurrente depuis des mois.

Les portefeuilles de la Défense et de la Justice sont conservés par leurs titulaires, respectivement Roberta Pinotti et Andrea Orlando. De même que ceux de la Culture et de la Santé, détenus par Dario Franceschini et Beatrice Lorenzin. Valeria Fedeli, 67 ans, fait quant à elle fait son entrée à l’Education en remplacement de Stefania Giannini, qui paie le prix de l‘échec de sa réforme de l‘école. Quant à Maria-Elena Boschi, ancienne ministre des Réformes, proche de M. Renzi avec qui elle a porté la révision de la Constitution rejetée par les Italiens au référendum du 4 décembre, elle reste au gouvernement mais hérite du secrétariat d’Etat à la présidence du Conseil, poste stratégique équivalent à celui de chef de cabinet.

L’opposition appelle à manifester

Le gouvernement poursuivra l’action d’innovation“ engagée jusqu’ici par Matteo Renzi, a promis Paolo Gentiloni. Avant même l’annonce de la composition du nouveau gouvernement, l’opposition avait dénoncé ce qu’elle considère comme un “avatar” du gouvernement Renzi. La présidence du Conseil “ne veut pas prendre acte du non de 20 millions d’Italiens“ pendant le référendum, a dénoncé lundi Beppe Grillo, le chef du M5S, annonçant sur son blog une grande manifestation “pour la dignité des citoyens” avant le 24 janvier, date à laquelle la Cour constitutionnelle doit se prononcer sur la loi électorale.

Gentiloni est la photocopie perdante de Renzi“, a de son côté déploré Matteo Salvini, le chef de la Ligue du Nord, un mouvement opposé à l’euro et à l’immigration, invitant également les Italiens à manifester dès samedi.

Semblant décidé à rester dans l’arène politique, Matteo Renzi a de son côté assuré qu’il continuerait son combat pour moderniser l’Italie. Devant la direction du Parti démocrate (PD, centre gauche), dont il reste le secrétaire général, M. Renzi a appelé lundi de ses voeux à la convocation d’un congrès de ce parti et souhaité un “bon travail” à Paolo Gentiloni. Première force politique du pays, le PD dispose de la majorité relative au Parlement.

La tâche de ce nouveau gouvernement sera grande

Après le vote de confiance prévu pour mardi et mercredi devant les chambres, le nouveau gouvernement devrait être à pied d’œuvre pour faire face aux grandes échéances nationales et internationales, à commencer par le Conseil européen de jeudi, puis la présidence du G7 (sept des pays les plus industrialisés de la planète) qui sera assurée par l’Italie à partir du 1er janvier. A son ordre du jour également, la gestion de l’urgence après les séismes d’août et octobre dans le centre de l’Italie ainsi que la crise bancaire qui frappe plusieurs établissements de la péninsule, dont la Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS).

Il lui faudra aussi travailler à l’indispensable révision de la loi électorale afin d’harmoniser celle qui est actuellement en vigueur pour la chambre des députés, élue à un scrutin à dominante majoritaire, avec celle pour le Sénat, élu à la proportionnelle.

Avec agence (AFP)

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