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Indonésie: le gouverneur de Jakarta poursuivi pour blasphème


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Indonésie: le gouverneur de Jakarta poursuivi pour blasphème

Le gouverneur de Jakarta sera donc bien jugé pour blasphème.
Son appel a été rejeté mardi. Actuellement en campagne pour sa réélection à la tête de la province de Jakarta, Basuki Tjahaja Purnama, surnommé Ahok, avait lors d’un discours affirmé que le Coran n’interdit pas à ses fidèles d‘élire un dirigeant non-musulman.

Une interprétation religieuse qui a suscité la colère des oulémas (théologiens musulmans) conservateurs en Indonésie. Quinze jours plus tard, début décembre, il était déjà entendu par un tribunal pour une première audience.

Une rapidité qui illustre à quel point le sujet est sensible dans ce pays de plus de 250 millions d’habitants qui compte près de 90% de musulmans, ce qui en fait le plus grand pays musulman au monde.

Depuis 1965, une loi permet d’inculper pour blasphème toute personne ayant insulté une des six religions reconnues officiellement.

En 2012, un homme avait été condamné à deux ans et demi de prison pour avoir écrit sur Facebook que Dieu n’existe pas.

L‘élection en février du gouverneur de Jakarta — la capitale politique et financière de l’Indonésie — est considérée comme un tremplin pour le scrutin présidentiel.
La campagne électorale, dans laquelle cette affaire de blasphème est omniprésente, est marquée par une lutte entre les partis politiques les plus influents du pays.

Ahok fait face à deux opposants musulmans: Agus Harimurti Yudhoyono le fils de l’ancien président Susilo Bambang Yudhoyono et Anies Baswedan, un ancien ministre de l’Education soutenu par Prabowo Subianto, ex-candidat malheureux à la présidentielle de 2014 face à Joko Widodo.

La compétition entre les trois candidats est interprétée par des observateurs comme une lutte entre Yudhoyono, Subianto et Widodo — allié de Purnama —, en vue de la prochaine présidentielle en 2019.

Autre acteur majeur, le Front des défenseurs de l’islam (FPI), organisation à la ligne dure se présentant comme un chantre de l’ordre moral très active dans les manifestations contre Ahok.

Le FPI et d’autres groupes islamistes ont promis de maintenir la pression jusqu‘à ce que Purnama soit jugé.
En revanche, des ONG de défense des droits de l’homme ont appelé à classer l’affaire, estimant qu’elle contribuait à éroder davantage la réputation de pluralisme de l’Indonésie.

Le président indonésien et la police ont émis l’espoir que cette affaire s’achève rapidement.

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