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Antonio Guterres peut-il relancer l'ONU ?

Antonio Guterres veut dynamiser une institution qui semble dépassée par les crises

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Antonio Guterres peut-il relancer l'ONU ?

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Antonio Guterres hérite d’une lourde responsabilité en prenant les commandes de l’ONU ce dimanche. Le désormais secrétaire-général des Nations unies souhaite donner un nouvel élan à une institution qui semble dépassée par une myriade de crises profondes.

La guerre civile en Syrie et ses effets sur les relations internationales, dont les tensions entre la Russie et l’Occident ne sont qu’un volet. La crise des réfugiés en Europe, la menace terroriste qui gagne du terrain. Les conflits meurtriers en Centrafrique et au Soudan. Les inégalités de richesses qui se creusent, et les craintes sur l’environnement multipliées par l’arrivée à la Maison-Blanche du climatosceptique Donald Trump.

Les yeux sont rivés sur les Nations unies en quête de solutions. Mais l’ONU déçoit. Elle vient d’assister impuissante au siège de la ville syrienne d’Alep par les troupes de Bachar al-Assad et son allié russe.

Certains comptent sur Antonio Guterres, l’homme d’action, pour dynamiser l’organisation. “Il a une profonde connaissance du sujet, de la complexité de la réalité politique du monde. Il pourra pousser la communauté internationale à s’engager d’avantage, et ne pas rester dans la rhétorique politique. Encourager les actions concrètes sur le terrain en mettant les pauvres et les migrants au cœur du discours et trouver des solutions à leur situation“. estime George Joseph, du réseau d’ONG catholiques Caritas.

Ayant fait l’unanimité des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, l’ancien Premier ministre portugais et haut-commissaire aux réfugiés a promis de rendre l’institution “agile et efficace“ dès ses premiers discours . “Il est temps pour l’ONU de reconnaître ses insuffisances et de réformer la manière dont elle fonctionne“ assurait-il après avoir prêté serment devant l’Assemblée générale à New York.

En embrassant une vision des droits de l’homme, et en assumant un regard sérieux sur les valeurs qu’ils représentent, je suis convaincu qu’il est possible d’inverser cette tendance, cette détérioration progressive à laquelle on a assisté dans le monde sur ce sujet“.
Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies

Réputé pour son pragmatisme et ses talents de négociateur, il n’est pas certain qu’Antonio Guterres, huitième secrétaire général et premier ancien chef de gouvernement, parviendra réellement à donner un nouveau souffle à l’ONU.

Son entrain pourrait bien être étouffé par la rigidité coupable d’un Conseil de sécurité divisé. La position qu’adoptera le Portugais, qui se définit comme “socialiste chrétien“, aura toute son importance.

Il pourrait prendre exemple sur Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan, qui en œuvrant avec plus d’indépendance et de charisme que leur successeur Ban Ki Moon, ont arraché des avancées sur des dossiers épineux.