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Se déconnecter après le travail : une nouvelle loi en France


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Se déconnecter après le travail : une nouvelle loi en France

C’est une première mondiale : en France, depuis le 1er janvier 2017, la fameuse loi travail impose aux entreprises de plus de 50 salariés l’obligation de négocier avec les syndicats “le droit à la déconnexion”.

Sur le papier, les employés pourront être protégés d‘éventuelles sanctions de leur patron s’ils décident de rester partiellement ou totalement injoignables le soir ou le week-end…

Les employeurs devraient également s’y retrouver : en négociant un usage (même limité) des connexions électroniques hors temps de travail, les entreprises pourraient ainsi se mettre à l’abri d’accusations d’incitation au surmenage. En effet, un document contractuel devra établir comment et dans quelles conditions un salarié aura le droit ou non de répondre à des sollicitations de son patron ou de son chef de service après sa journée de travail.

Mais nombreux sont les spécialistes du droit du travail à s’inquièter d’une nouvelle judiciarisation des relations sociales au sein de l’entreprise. Car il n’est pas impossible que ce temps de (dé)connexion négocié fasse aussi l’objet de demande de compensations financières de la part des salariés. Or, en cas de conlfit, c’est le juge qui risque de devoir trancher.

Les entreprises n’ont toutefois pas attendu cette loi pour commencer à changer leurs pratiques.

Courriels effacés chez Daimler (Allemagne)

Chez le constructeur allemand, lorsqu’un salarié est absent et qu’il reçoit un courriel, celui-ci est automatiquement effacé et l’expéditeur reçoit alors une notification l’invitant à s’adresser à quelqu’un d’autre ou à renvoyer le courriel au retour du salarié concerné.

Serveurs bloqués chez Volkswagen/BMW, (Allemagne)

Ici, les serveurs internes du groupe allemand ont été programmés pour qu’aucun courriel ne soit envoyé aux salariés trente minutes après la fin de la période de travail. Les serveurs se remettent en marche trente minutes avant leur reprise du travail.

Pas de réponse le jeudi, chez Graystone Industries (Etats-Unis)

Dans ce grand groupe américain, tous les jeudis, les salariés savent qu’ils ne recevront pas (forcément) de réponse à leur courriel, histoire de ralentir les cadences infernales.

Un jour par semaine, chez ReliablePSD (Etats-Unis)

Dans cette entreprise, un jour par semaine,
les personnels sont autorisés à ne répondre aux courriels qui leur sont adressés que durant une heure le matin et une heure avant la fin de leur journée de travail.

Interdiction totale, chez Communiqué USA, Inc. (Etats-Unis)

Ici, l’envoi de courriel est totalement prohibé après 19 heures et durant les week-ends. Et tout le monde est concerné : du top manager aux employés.

Courriels internes bannis chez Atomic 212 (Australie)

Dans cette entreprise australienne, tous les courriels internes ont carrément été bannis. Lorsqu’un salarié veut s’adresser à un collègue, il doit le faire soit de visu, soit par téléphone.

L’entreprise utilise par ailleurs des applications du type Wunderlist ou Dropbox pour assigner des tâches au personnel afin d‘échanger des documents en lieu et place de courriels.

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