DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

La Finlande, championne du revenu de base


monde

La Finlande, championne du revenu de base

L‘Écosse s’inspire de la Finlande pour lancer un programme visant à offrir à chacun un revenu mensuel de base. Alors que les villes écossaises de Fife et Glasgow envisagent un essai pour 2017, la Finlande a déjà une longueur d’avance, elle qui développe le projet à grande échelle, projet dont l’objectif est de lutter contre la pauvreté. Dès ce 1er janvier, les citoyens reçoivent une allocation mensuelle universelle de base de 560 euros. Le programme pilote prévu sur deux ans permettra à 2 000 Finlandais âgés de 25 à 58 ans, sans emploi, de bénéficier de ce revenu mensuel, en remplacement de leurs autres prestations. Un revenu qu’ils continueront de recevoir même s’ils trouvent du travail. A terme, après cette période d’essai, tous les adultes pourraient toucher 800 euros. Si tout le pays est concerné, ce revenu de base devrait coûter 46 milliards d’euros à Helsinki.

Pour Kela, l‘équivalent finlandais de la sécurité sociale en France, qui gère le projet pilote, l’espoir est de constater une augmentation de l’emploi et une réduction des mécanismes bureaucratiques coûteux qui peuvent dissuader certaines personnes de trouver un emploi.

Les partisans du revenu universel estiment qu’il pourrait autonomiser les gens en leur offrant la flexibilité de gagner, d’apprendre, de fonder une famille ou une entreprise, en sachant qu’ils auront assez d’argent pour s’en sortir. Il est perçu comme un moyen de réduire la dépendance sociale et l’inégalité des revenus.

Ses détracteurs pensent que le revenu universel n’est rien de plus qu’un idéal utopique socialiste, un “conte de fées”. Ils disent que ce serait inabordable, conduisant à des hausses d’impôts et à décourager l’investissement des entreprises tout en entraînant une baisse de la productivité. Ils soutiennent également que, étant donné que chacun en bénéficierait, cela ne ferait rien contre l’inégalité.

L’Ecosse en pointe

Les inégalités ont augmenté en Ecosse. En matière de santé, de pauvreté, en témoigne l’utilisation des banques alimentaires ces dernières années. À Glasgow, où un tiers des enfants vivent dans la pauvreté, l’idée est accueillie avec enthousiame par le public et soutenue par le Scottish National Party qui milite pour l’indépendance, et par les travaillistes du Labour.

Une idée en vogue dans les années 1970

Des essais au niveau local avaient été lancés dans les années 1970, de l’Inde aux États-Unis.Entre 1974 et 1979, le Canada avait aussi testé cette idée, offrant à tous les habitants de la ville de Dauphin 3000 dollars. Cela alors n’avait pas empêché les gens de chercher du travail.

Le sujet au menu de la présidentielle en France

En France en octobre des sénateurs présentaient un concept “révolutionnaire“appelant les départements à se porter volontaires pour une expérimentation : 20.000 à 30.000 personnes pourraient être aidées pendant trois ans. 500 euros par mois, des candidats âgés de 18 à 65 ans. Coût :100 à 150 millions d’euros par an, pris en charge par l‘État. Objectif, en finir avec la pauvreté, quand plus de 14% des Français sont en situation de pauvreté monétaire. Et la mutation vers le numérique, les bouleversements annoncés n’arrangeront pas la situation du travail. Le Mouvement français pour un revenu de base (MFRB) a demandé à chaque candidat aux prochaines élections présidentielle et législatives de se prononcer sur l’idée.

Pour François de Rugy, président du Parti écologiste et candidat à la primaire organisée par le PS, c’est le truc à la mode : “C’est un peu le dernier truc à la mode, si vous me permettez l’expression, ce revenu de base. Mais dès qu’on creuse un peu, plus personne ne dit et ne pense à la même chose”. “Benoît Hamon il est un peu plus précis, il faut lui reconnaitre, et il dit 300 milliards de coût, (…) mais on les trouve où les 300 milliards ?” “Alors à la droite, ils vont dire on supprime toutes les allocations chômage, toutes les pensions de retraite, toutes les allocations logement, là on pourrait peut-être trouver les 300 milliards. Si on ne fait pas ça ça veut dire qu’on va augmenter les impôts, ça veut dire multiplier la CSG par quatre, pour financer ça. Donc là moi je dis non, on ne va pas s’engager dans la présidentielle en présentant un programme aux Français qui se traduirait par une hausse massive des impôts alors qu’il y en a déjà trop”.

Relancer la vieille idée des années 70 et instaurer un revenu de base, c’est inventer peut-être une autre société moins excluante, et marquer une nouvelle ère dans les relations des citoyens et de l’Etat.

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

monde

Qui sont les victimes de la tuerie d'Istanbul ?