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Ingérence russe ? Le désaccord entre Trump et les agences du renseignement américain

Une version expurgée du rapport classifié de la CIA sur l'ingérence russe dans l'élection américaine doit être rendue publique dans les jours à venir.

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Ingérence russe ? Le désaccord entre Trump et les agences du renseignement américain

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Hillary Clinton l’avait dénoncé en septembre 2016, en pleine campagne électorale, et depuis, l’affaire du piratage du Parti démocrate n’a fait que prendre de l’ampleur. L’ancienne candidate à la Maison blanche pointait alors du doigt la Russie :

Point of view

La Russie a clairement adopté une cyber-posture plus agressive en augmentant ses opérations de cyberespionnage, en rendant publiques les données collectées lors de ces opérations et en ciblant des systèmes d'infrastructures essentiels

James Clapper Directeur national du renseignement américain

Le fait que nos spécialistes du renseignement étudient ce piratage et le prennent au sérieux soulève de graves questions concernant l‘éventelle ingérence de la Russie dans notre processus électoral.

La Russie rejette ces allégations.
Et pourtant, en octobre, il était déjà clair pour les agences américaines de renseignements que Moscou essayait d’aider Donald Trump. Deux mois après, selon le rapport classifié de la CIA, dont une version expurgée doit être rendue publique dans les jours à venir, des officiels russes auraient transmis à WikiLeaks les e-mails volés au Parti démocrate par des pirates informatiques, eux-mêmes liés aux services du renseignement militaire russe, le GRU.

C’est le 4 octobre, que le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, annonçait la publication imminente de matériel concernant le processus électoral américain dans une vidéo enregistrée depuis l’ambassade d’Equateur à Londres :

Nous avons un agenda et c’est un agenda très difficile à tenir, tous les documents liés aux élections américaines doivent être publiés avant le 8 novembre.

Depuis le début, depuis qu’Hillary Clinton a rendu ses doutes publics, Donald Trump met en doute les informations des agences américaines du renseignement sur l’ingérence russe, allant jusqu‘à accuser les services de renseignements de fabriquer toute l’affaire.
Il a même tweeté l’interview d’Assange sur Fox News cette semaine, où celui-ci nie que la Russie soit la source des e-mails démocrates piratés.

Devant le Sénat, ce jeudi, le directeur national du renseignement américain, James Clapper continuait pourtant d’affirmer qu’il s’agissait bien d’une ingérence sans précédent de la Russie dans l‘élection américaine, que le piratage des e-mails du Parti démocrate, et leur diffusion “n‘était qu’une part” de cette campagne qui comprenait aussi “de la propagande classique, de la désinformation et des fausses nouvelles”.

La Russie a clairement adopté une cyber-posture plus agressive en augmentant ses opérations de cyberespionnage, en rendant publiques les données collectées lors de ces opérations et en ciblant des systèmes d’infrastructures essentiels.

La semaine dernière, Barack Obama avait déjà annoncé des représailles contre la Russie, des sanctions économiques et l’expulsion de 35 diplomates russes.