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Soares, portrait d'un grand démocrate et européen

Mario Soares restera comme une figure historique de la lutte contre la dictature et comme l’un des principaux artisans de l’entrée du Portugal dans la famille…

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Soares, portrait d'un grand démocrate et européen

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Mario Soares restera comme une figure historique de la lutte contre la dictature et comme l’un des principaux artisans de l’entrée du Portugal dans la famille européenne.

Né en 1924 à Lisbonne, il s’engage en politique durant ses études d’histoire et de droit. Devenu fer de lance de l’opposition
au régime de Salazar, il est arrêté à plusieurs reprises, banni, puis contraint à l’exil. Il s’installe en France en 1970.

Quatre ans plus tard, il profite de la Révolution des oeillets pour rentrer au pays, où il est accueilli en héros.

Co-fondateur du Parti socialiste, dont il a jeté les bases en exil, c’est un Européen convaincu.

Premier ministre en 1976, puis en 1983, il initie le redressement économique du pays.

Le 1er janvier 1986, ses efforts sont récompensés : ce jour-là, le Portugal entre officiellement dans la communauté économique européenne. Il aura fallu près de dix ans de négociations et de réformes, sur fond de rigueur budgétaire, pour que Lisbonne gagne enfin son billet d’entrée dans l’Europe.

“Le Portugal est prêt à contribuer de façon équilibré à cet effort collectif”, dira-t-il alors.

Le 9 mars 1986, Mario Soares est élu président de la République. Il sera réélu triomphalement en 1991. Il est le premier chef d’Etat civil depuis 60 ans. Sa principale prérogative est de veiller sur les institutions. Mais il profite aussi de sa fonction présidentielle pour promouvoir les droits de l’Homme au Portugal et dans le monde.

A la fin de son second mandat en 1996, il intensifie son activité au niveau européen et international.

Elu député européen en 1999, il crée la surprise en annonçant sa candidature à la présidentielle de 2006, face au favori du Parti socialiste : l’ancien commissaire européen Antonio Vitorino.

Mais la division du PS profite au candidat de centre-droit, l’ancien Premier ministre Anibal Cavaco Silva, qui remporte le scrutin dès le premier tour.

Mario Soares, alors âgé de 82 ans, perd sa dernière bataille politique, mais pas ses convictions européennes.

Sur euronews, il évoquait ses craintes et défendait sa vision de l’Europe : “On risque d’assister à de grandes révoltes au sein même de l’Europe, car les populations peuvent refuser ce qu’elle est à l’heure actuelle. L’Europe ce n’est pas ça. L’Europe, c’est autre chose, un espace de dialogue, de bien-être social et de respect pour autrui.”

En 2010, il était aux premières loges pour les célébrations du 25ème anniversaire de l’adhésion du Portugal et de l’Espagne à l’Europe.

Avec la mort de Mario Soares, disparaît une figure européenne et un ardent défenseur des droits de l’Homme.