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Donald Trump sans complexe


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Un changement radical de style et de direction pour les Etats-Unis… Voilà ce que laisse, clairement et plus concrètement que jamais, présager la conférence de presse donnée mercredi par le président élu Donald Trump.

C‘était la première depuis six mois, il l’a donnée dans le hall de la Trump Tower à New York, devant 250 journalistes.
Elle a été qualifiée de “cauchemardesque”, “bancale” et “étrange”.

Il a répété être le messie de l’emploi et prétend avoir clarifié les choses concernant la direction de son empire économique :

Il y a un super état d’esprit en marche, beaucoup de gens m’ont dit qu’ils n’avaient jamais vu cela avant. Jamais. Nous allons créer des emplois. J’ai dit que je serai le plus grand producteur d’emplois que Dieu n’ait jamais créé, et je le pense !

“Je pourrais diriger mes affaires et le gouvernement en même temps, je n’aime pas l’image que cela donne, mais je serai capable de le faire si je le voulais, je serais le seul qui pourrait le faire. Ce que je vais faire, c’est que mes deux fils, qui sont juste ici, Don et Eric, vont diriger la compagnie.”

Il doit encore convaincre le Bureau de l‘éthique gouvernementale que sa décision le libère de tout conflit d’intérêt.
La Trump Organization est aussi sensée ne nouer aucun nouveau contrat à l‘étranger (comme en Corée du Sud ou la Turquie) pendant ce mandat et mettra un terme à tous ceux en négociation afin de chasser les soupçons de conflit d’intérêt.

Et comme lors de sa campagne électorale, Trump s’en ai encore pris au Mexique, réitérant sa volonté de construire un mur pour lutter contre l’immigration :

Nous allons construire un mur.(…) Je ne me sens pas t’attendre un an ou un an et demi. Nous allons commencer à construire. Et le Mexique, sous une forme ou une autre, car il y en a plusieurs, nous remboursera et ils rembourseront pour le coût du mur.

Le Mexique a répondu que, bien entendu, il ne paiera pas.

Donald Trump a aussi évoqué ses relations avec le président russe Vladimir Poutine :

Si Poutine aime Donald Trump, devinez quoi les amis ? Cela s’appelle un atout, pas un handicap. Maintenant, je ne sais pas si je vais bien m’entendre avec Vladimir Poutine, je l’espère. Mais il y a une bonne chance que non. Et dans ce cas-là, pensez-vous, honnêtement, qu’Hillary serait plus dure avec Poutine que moi ? Est-ce que quelqu’un y croit dans cette salle ? S’il vous plaît, soyons sérieux…

La publication par Buzzfeed de 35 pages de notes alléguant de liens de longue date entre son entourage et le Kremlin a été largement abordé et il était furieux :

Je pense que c’est un scandale que cette information soit sortie. J’ai vu les informations, j’ai lu ces informations juste avant cette rencontre, ce sont de fausses informations. C’est bidon, cela n’a pas eu lieu. C’est un groupe d’opposants, de gens malades, qui ont mis cette merde sur pied ensemble.

Puis Trump a qualifié le site Buzzfeed de “tas d’ordures” et s’en ai pris au correspondant de la chaîne américaine CNN, “une horrible organisation”, qui tentait de poser une question… avant de donner la parole à un autre, en l’occurence la BBC, “une autre merveille”.

Je vous laisse apprécier l‘échange en version originale :

QUESTION: Mr. President-elect, since you are attacking our news organization… TRUMP: Not you. QUESTION: Can you give us a chance? TRUMP: Your organization is terrible. QUESTION: You are attacking our news organization, can you give us a chance to ask a question, sir? Sir, can you… TRUMP: Quiet. Don’t be rude. QUESTION: Can you give us a question since you’re attacking us? Can you give us a question ? TRUMP: Don’t be rude. No, I’m not going to give you a question. I’m not going to give you a question. QUESTION: Can you state… TRUMP: You are fake news. Go ahead. QUESTION: Ian Pannell from BBC news. TRUMP: BBC news. That’s another beauty. QUESTION: Thank you. Thank you.

Le point de vue de Stefan Grobe

Rien n’illustre mieux le profond changement auquel l’Amérique fait face que les discours très contrastés de Barack Obama et Donald Trump. Notre correspondant à Washington Stefan Grobe a répondu aux questions de Catherine Hardy.

Nous avons eu droit à une performance passionnée et étatique de la part du président sortant et à du pur théâtre politique par l’homme qui le remplace. Ces dernières 24 heures ont-elle changé Washington ?

“Vous savez que le pendule politique américain est toujours en mouvement, de droite à gauche, c’est pourquoi nous avons rarement trois mandats présidentiels consécutifs détenus par le même parti, et la seule chose qui ne change jamais c’est Washington DC. Ici, se trouvent les gens qui font marcher le gouvernement, les bureaucrates, les législateurs, les acteurs politiques et les lobbyistes. Et ils n’iront nulle part ailleurs.
Trump a besoin de ces gens parce que lui et l’essentiel de son équipe n’ont aucune expérience. Gouverner les Etats-Unis est une tâche collective et il a tout spécialement besoin d’un soutien constant du Congrès pour mettre en oeuvre son agenda.
Il est facile de ridiculiser et de défaire des lois, mais il est très compliqué de les remplacer. Donc Washington ne va pas changer du jour au lendemain, la question est de savoir comment Washington changera Donald Trump et la future administration…”

A quel point l’Amérique et le monde devraient-ils s’inquiéter du fait que le commandant en chef apparaisse comme ayant des relations conflictuelles avec les responsables du renseignement ?

“Et bien, je pense qu’ils devraient être inquiets. Non seulement Trump a une relation proche de la rupture avec la communauté du renseignement, mais c’est aussi le cas avec ses diplomates et avec l’essentiel de l’establishment de Washington et avec la Presse.
Trump oblige chaque ambassadeur américain à démissionner d’ici le 20 janvier. Normalement, si un ambassadeur est remplacé, l’ambassadeur en place, reste à son poste jusqu‘à ce son successeur arrive, mais Trump n’a pas voulu que ça se passe de cette façon, donc nous sommes en territoire inconnu…”

L’establishment de Washington peut s’alarmer des déclarations de Trump lors de cette première conférence de presse, mais qu’en est-il de l’opinion publique ? Cela change-t-il la vision de ceux qui l’ont élu ?

“Non, absolument pas. L‘élection de Trump a été un vote anti-establishment et les gens qui ont voté pour lui, en particulier dans les Etats blancs et ouvriers du Midwest qui ont toujours voté démocrate, ces gens ne s’en soucient pas. Souvenez-vous que Donald Trump a été élu par un vote populaire minoritaire, environ 46 %, contre 48 % pour Hillary Clinton. La durée de cette lune de miel dépendra largement des succès de Trump en matière d’emploi.”

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