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La Chine, avocate de la mondialisation à Davos


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La Chine, avocate de la mondialisation à Davos

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Malgré son absence, Donald Trump était bien présent, en filigrane, dans le discours d’ouverture du président chinois.

Pour la première visite d’un chef d’Etat chinois à Davos, Xi Jinping s’est fait l’avocat du libre-échange, mettant en garde ses partenaires commerciaux contre les tentations isolationnistes.

Dans son viseur : Donald Trump qui a promis notamment d‘ériger des barrières douanières avec le Mexique et la Chine pour protéger l‘économie des Etats-Unis, et d’abandonner l’accord de libre-échange transpacifique (TPP) signé en 2015.

“Le protectionnisme, c’est comme s’enfermer dans une chambre noire”, a estimé Xi Jinping. “On se protège peut-être du vent et de la pluie, mais on se prive aussi d’air et de lumière. Personne ne sortira vainqueur d’une guerre commerciale”, a averti le président chinois, qui a toutefois concédé qu’il fallait “rééquilibrer” la mondialisation et la rendre “plus inclusive et plus durable”.

Voir la Chine se lancer dans un plaidoyer pour le libre-échange peut sembler paradoxal car elle est elle-même accusée par les Européens de pénaliser les importations par des mesures protectionnistes.

Selon certains expert, Pékin souhaite surtout profiter de l‘élection de Donald Trump pour s’imposer comme une puissance commerciale dite “responsable” et rebattre les cartes à son avantage.

“On assiste à la fin du principe cher à Deng Xiaoping, qui guidait la Chine depuis trente-cinq ans : garder la tête froide, un profil bas et ne jamais prendre le leadership”, souligne André Loesekrug-Pietri, fondateur de la société de capital-investissement sino-européenne A Capital, dans les colonnes du journal Le Monde.

“Chaque place abandonnée par les Etats-Unis sera prise par l’autre grande puissance mondiale qu’est la Chine”, prédit également Charles-Edouard Bouée, patron du cabinet de conseil en stratégie Roland Berger, dans le quotidien français.

“Je crois que Xi Jinping a voulu envoyer un message très fort à Donald Trump, expliquant qu’il ne voulait pas engager la Chine dans une guerre commerciale. Les Chinois n’en veulent pas. Reste à savoir si le message sera entendu aux Etats-Unis. De notre point de vue, les chances qu’une guerre commerciale soit déclenchée sont minces mais, on ne sait jamais”, estime Nariman Behravesh, économiste en chef au sein de la société de conseil IHS Inc.

Xi Jinping a également fustigé des institutions multilatérales “inadéquates” et insuffisamment “représentatives”, une critique récurrente de la part de Pékin qui juge ne pas occuper dans les institutions de Washington (FMI, Banque mondiale) et sur la scène mondiale un rôle diplomatique équivalant à son économie.

Malgré une baisse sensible de ses exportations l’an dernier, le commerce reste un moteur de croissance crucial pour l‘économie chinoise.

Selon la Banque mondiale, le secteur représentait 40% de son PIB en 2015.

Avec AFP.

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