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Mali : efforts de sécurité, désir de stabilité


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Mali : efforts de sécurité, désir de stabilité

C’est LA photo dont rêvaient les autorités maliennes : 35 chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Bamako autour du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Ce sommet Afrique-France aurait pu ne pas se dérouler dans la capitale malienne, compte tenu de la menace djihadiste dans la région. Mais il a eu lieu, et il s’est bien passé. Et cela constitue déjà une victoire pour le gouvernement.

Ce sommet est une réussite, il n’y a aucun doute là dessus. Ce sera porteur pour l’image du Mali, en tant que destination attrayante pour les investisseurs étrangers.
Boubou Cissé, ministre malien des Finances

Opération séduction pour les investisseurs

Le sommet de Bamako n‘était pas qu’un rendez-vous de dirigeants politiques. De nombreux investisseurs internationaux étaient invités au Mali pour un forum économique. Une opération de séduction destinée à mettre en avant les perspectives de business, comme pour ne pas rester focaliser sur les problèmes de sécurité.

D’après la Banque mondiale, l‘économie du Mali connaît une croissance annuelle d’environ 5% depuis plusieurs années. “Les perspectives macroéconomiques apparaissent favorables, expliquent les experts de la Banque mondiale dans leur rapport (voir ici), mais elles dépendent notamment du règlement de la crise sécuritaire.

En tout cas, à l’Agence malienne pour la promotion des Investissements, on se montre optimiste.

Le Mali est un pays d’agriculture, un pays d‘élevage, un pays minier. Et toutes ces richesses sont encore là. Le fait que nous ayons traversé cette crise et que nous soyons restés debout nous donnent l’avantage de dire que les richesses sont là. Il faut encore plus qu’avant, les mettre en valeur, les transformer. A travers cette crise, les besoins ont été multipliés.
Moussa Ismaila Touré, directeur de l’Agence pour la promotion des investissements au Mali

En finir avec l’instabilité politique et l’insécurité

Le Mali a pâti ces dernières années de l’instabilité politique (un coup d’Etat en 2012), puis les actions de groupes armés, depuis le nord du pays jusqu‘à Bamako.

>> “Forces et groupes armés au Mali : qui est qui ?”, article publié sur rfi.fr, à consulter ici

Il y a un peu plus d’un an, la capitale malienne était frappée par un attentat dans un grand hôtel, faisant une vingtaine de morts. Depuis, l‘établissement a rouvert ses portes. Certes, les mesures de sécurité ont été renforcées. Mais cela témoigne, d’une certaine manière, d’une réelle volonté d’aller de l’avant.

Mais comment sécuriser un territoire deux fois plus grand que la France ?
Le défi est de taille, notamment dans la région désertique du nord.

MINUSMA

Pour l’accompagner dans ses efforts, le gouvernement a reçu le soutien de la communauté internationale, la France en tête (au travers de l’opération Barkhane).

Depuis 2013, l’ONU a déployé une mission de stabilisation, la MINUSMA. Elle est dirigée par le Tchadien Mahamat Saleh Annadif. Euronews l’a rencontré en marge du sommet de Bamako. Il a livré son impression sur la situation au Mali, notamment dans le nord.

Dire que la stabilisation a été atteinte ou que la sécurité a été obtenue, surtout des biens et des personnes : non, c’est trop dire. C’est un processus. (…) C’est lent, mais on peut dire qu’il y a de l’espoir que les choses puissent aller de mieux en mieux. Nous venons de très loin, mais les choses sont en train de se mettre en route petit à petit.
Mahamat Saleh Annadif, représentant spécial du secrétaire général et chef de la MINUSMA

Gagner la paix

Un accord de paix a été signé en juin 2015 entre le gouvernement et plusieurs groupes armés.
Des patrouilles mixtes composées de militaires, de groupes armés pro-gouvernementaux et de certains ex-rebelles ont été mises sur pied à Gao.
Une conférence nationale est prévue en mars, pour accélérer l’application de cet accord.

Les habitants du nord Mali veulent croire en des jours meilleurs.
Oum Sall Seck est la maire de Goundam, ville située dans la région de Tombouctou.

On sent que ça se reconstruit timidement, là où il y a une petite stabilité, là où les forces armées et les Nations Unies sont présentes. On peut quand même vivre, on peut reconstruire. Donc l’espoir renaît en nous.
Oum Sall Seck, maire de Goundam

La sécurité ET le développement

Comment alimenter cet espoir ? La sécurité seule ne suffit pas. Elle doit être associée à une politique de développement : investir dans les écoles, dans la formation professionnelle, dans la santé…, pour ouvrir des perspectives à la population.

>> “Au Sahel, gagner la guerre ne suffit plus“, interview d’un spécialiste en développement, Christophe Angely, dans Le Point Afrique, à lire ici

Il n’y a pas de sécurité durable, quelles que soient les interventions militaires, leur efficacité, si on n’a pas en même temps, avant, pendant et après, le relais d’actions de développement.
Les actions des agences de développement ont été perturbées par la crise et les problèmes de sécurité, et elles le sont d’ailleurs encore, mais maintenant la communauté financière internationale revient très nettement au Mali.”
Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement (AFD)

“Cohésion nationale et destinée commune”

Le plus important, c’est déjà que les gens renoncent à la violence et que nous puissions retrouver la cohésion, que nous puissions retrouver la conscience d’une destinée commune, pour que nous puissions avancer.”
Souleymou Boubèye Maïga, ministre-secrétaire général de la présidence