DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Les Jeux à Budapest ? Certains Hongrois disent non...


Hongrie

Les Jeux à Budapest ? Certains Hongrois disent non...

Que la Hongrie retire son dossier de candidature pour l’organisation des Jeux olympiques de 2024. C’est l’objectif affiché par un mouvement baptisé “Momentum” et animé par de jeunes militants hongrois. En l’espace de cinq jours, et alors que leur campagne doit durer un mois, ils ont déjà recueilli 50.000 signatures.

“Mon avenir est en danger si Budapest organise les Jeux olympiques. Le coût représentera environ 10 % du PIB, le Produit Intérieur Brut. C’est beaucoup trop. Les dépenses pour accueillir les championnats du monde de natation en 2017 vont approcher les 300 millions d’euros, soit quatre fois plus que le montant initialement prévu. Si la même chose se produit pour les Jeux olympiques, ce sera une catastrophe financière en Hongrie” affirme Miklós Hajnal, joint par Euronews.

La société hongroise est divisée sur la question. Un sondage publié en octobre dernier montrait que 53 % de la population était opposée à l’idée d’organiser les J.O., alors que 41 % des personnes interrogées y étaient favorables. Selon les dernières enquêtes d’opinion, la situation a quelque peu évolué. Le non ne recueillerait plus que 51 % des suffrages, contre 46 % pour le oui.

“Au lieu de dépenser des fortunes pour les Jeux Olympiques, on pourrait utiliser cet argent dans les domaines de la santé, de l‘éducation, des transports et du logement” assure Miklós Hajnal. Ce jeune activiste de 24 ans étudie actuellement la philosophie, les sciences politiques et l‘économie à l’Université d’Oxford, mais il compte revenir en Hongrie l‘été prochain, à l’issue de son dernier semestre, et il estime qu’il est important de se battre contre le projet olympique.

Les Hongrois favorables à Budapest 2024 rêvent de voir les nageurs, joueurs de water-polo et autres escrimeurs briller à domicile. Ils mettent aussi en avant le besoin d’unité du pays et le coup de boost que cela donnerait au développement des infrastructures. A contrario, les opposants mettent en garde contre l’explosion des coûts et le risque avéré de corruption. Autres craintes : devenir la “nouvelle Grèce”, car un pays de 10 millions d’habitants n’aurait pas les épaules assez solides pour un tel évènement, et voir se multiplier les “éléphants blancs”, ces stades immenses laissés à l’abandon une fois les Jeux terminés.

“Êtes-vous d’accord avec l’idée que la municipalité de Budapest retire sa candidature à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 ?” C’est la question posée par les initiateurs de cette pétition qui doit recueillir 130.000 signatures avant le 17 février pour qu’un référendum soit ensuite organisé. 300 militants répartis dans 25 points de la capitale sont chargés d’obtenir les précieux paraphes.

“Cela n’a pas de sens de s’en prendre à l’organisation des J.O.” s’indigne le maire de Budapest, István Tarlós. Même tonalité du côté du Premier ministre conservateur, Viktor Orban, qui insiste sur la candidature “à taille humaine” de Budapest, comparée à celle des deux autres villes encore en lice, Los Angeles et Paris. C’est le 13 septembre prochain, à Lima, que le CIO – le Comité international olympique – rendra son verdict.

ALL VIEWS

Touchez pour voir