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"Tempête de sable", le tour de force de la réalisatrice israélienne Elite Zexer


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"Tempête de sable", le tour de force de la réalisatrice israélienne Elite Zexer

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“Tempête de sable” suit le parcours de la jeune Layla, jeune bédouine partie faire ses études en ville et qui revient dans son village alors que son père épouse sa deuxième femme. En voulant s’affranchir des conventions de sa communauté, elle va bouleverser les traditions ancestrales et mettre à l‘épreuve les convictions de chacun.

Frédéric Ponsard, critique cinéma pour Euronews, a rencontré la réalisatrice de Tempête de sable Elite Zexer, dont c’est le premier film. Elle a mis près de 10 ans à réaliser ce long-métrage.

“Je ne pouvais pas faire tourner des femmes bédouines parce qu’elles sont très traditionnelles. Si vous prenez une photo d’une de ces femmes, vous ne pouvez la montrer qu‘à elle ou à sa famille proche. J’ai su dès le départ que je devais choisir des Palestiniennes, leur enseigner autant que possible la culture et aussi comment parler, car si la langue est la même, elle possède différents dialectes. Alors nous avons réalisé des castings partout en Israël et en dehors d’Israël”, explique Elite Zexer.

“Tempête de sable” est tout sauf un film manichéen. Il n’y a pas de héros ou de vilain. C’est avant tout un film sur les femmes et leurs conditions, notamment dans une communauté, bédouine, où les traditions patriarcales sont encore très prégnantes.

“Layla grandit dans ce film, dans cette histoire universelle très simple d’une jeune fille qui admire son père et qui s’aperçoit au cours du film qu’il ne peut rien faire pour elle. Au début, elle agit en croyant obstinément que son père pourra l’aider, mais elle se rend finalement compte qu’il a ses limites et qu’elle va devoir se débrouiller toute seule. Aucun papa magique ne va venir et faire que tout aille bien”, dit Elite Zexer.

Layla est tombée amoureuse d’un jeune palestinien qui n’appartient pas à sa tribu. Un mariage est impossible. La jeune-femme entre alors en conflit avec sa mère et son père. Le combat semble perdu d’avance. Les positions de chacun vont se rigidifier.

“La communauté bédouine que j’ai rencontrée est actuellement en plein bouleversement. Elle s’ouvre à un monde très moderne tout en essayant de trouver comment conserver tout ce qu’elle aime dans ses traditions. Il s’agit d’un débat ouvert entre hommes et femmes. Tous parlent et essayent de comprendre comment s’ouvrir au monde sans perdre ce qu’ils aiment dans leur culture. Je ne sais pas ce que sera l’avenir, personne ne le sait, alors ce que j’ai essayé de faire à la fin du film, c’est de dire “Ok, c’est la future génération et je ne sais pas si le monde est déterministe ou s’il va changer”, ajoute Elite Zexer.

“Tempête de sable” a parcouru les festivals du monde entier et a reçu l’an dernier le Grand Prix du Jury au festival de Sundance, La Mecque du cinéma indépendant. En Israël aussi, ce premier film parfaitement maitrisé, a été extrêmement bien accueilli par le public et la profession.

“Nous avons été vraiment très heureux de ce qui s’est passé. Le film a été vu par les Juifs, les Arabes et les Bédouins et j’ai eu des retours tellement émouvants de la part des téléspectateurs, de tout le monde, des acteurs du film même. Nous avons été nominés Meilleur film aux Ophir Awards – la version israélienne des Oscars – meilleure direction et beaucoup d’autres nominations. Nous avons été très bien reçus, c‘était incroyable et je me sens chanceuse”, conclut Elite Zexer.

“Tempête de sable” nous fait découvrir une culture complètement inconnue, y compris des Juifs et des Arabes. Un tour de force.

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