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Pour Donald Trump, l'UE a fait passer un escargot avant ses affaires

Donald Trump a une "très mauvaise expérience" de l'Union européenne qui d'après lui, a usé d'astuces environnementales pour lui barrer la route.

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Pour Donald Trump, l'UE a fait passer un escargot avant ses affaires

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Quand on interroge le président des Etats-Unis sur sa vision de l’Union européenne, Donald Trump a une anecdote favorite. Il l’a évoquée dans une interview avec le député britannique Michael Gove et à nouveau lors d’une conférence de presse avec la Première ministre britannique Theresa May.

Elle remonte au temps où il voulait faire construire un mur autour de son complexe hôtelier et de son golf sur la côte irlandaise. Si les séparations en tout genre semblent être une idée fixe pour Donald Trump, il s’agissait cette fois de protéger ses installations de l‘érosion due aux tempêtes atlantiques.

“Cela a été une très mauvaise expérience,” dit-il en affirmant que même si les autorités du pays soutenaient son projet, l’UE qu’il appelle “le consortium” avait employé des “astuces environnementales” pour essayer de lui barrer la route.

L’animal de la discorde

En réalité, l’origine du blocage est due à un escargot préhistorique répondant au doux nom de Vertigo angustior, classé comme quasi-menacé sur la liste de l’UICN et inscrit à l’annexe II de la directive ‘Habitats – Faune – Flore’ de l’Union européenne. Son habitat sur les dunes bordant le golf du milliardaire américain qui se situe en zone spéciale de conservation de l’UE se trouvait menacé par les travaux envisagés.

Finalement, Donald Trump y a renoncé au motif que cela lui prendra trop de temps pour obtenir les autorisations nécessaires. Comme le souligne le New York Times, “l’escargot a gagné.”

Son expérience façonne sa politique

Donald Trump ne se cache pas de s’appuyer sur son expérience personnelle pour définir sa politique. Comme on l’a vu, il aime construire des murs, voit d’un mauvais oeil les contraintes environnementales et – l’ancienne ministre de la justice par intérim des Etats-Unis Sally Yates pourrait en témoigner -, il n’apprécie pas non plus de voir ses plans contrariés.

Il semble également que l’incident du golf près du village irlandais de Doonbeg lui ait laissé une forte impression au point de revenir dessus à deux reprises. Quelles que soient ses motivations, l’animosité de Donald Trump à l‘égard de l’Europe s’accroît : il a prédit que d’autres pays vont suivre le même chemin que le Royaume-Uni et quitter l’Union, menacé les entreprises européennes de leur imposer des barrières tarifaires à l’importation et sévèrement critiqué la politique européenne en matière d’immigration.

Donald Tusk, président du Conseil européen, a estimé que les Etats-Unis de Donald Trump étaient une menace pour l’Europe au même titre que la Chine, la Russie et l’islam radical.

L’escargot irlandais pourrait ne pas en avoir fini avec le nouveau président américain.