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Troisième nuit d'opposition au décret sur la corruption en Roumanie


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Troisième nuit d'opposition au décret sur la corruption en Roumanie

Troisième nuit de mobilisation en Roumanie contre l’assouplissement de la législation anticorruption. Des dizaines de milliers de personnes ont demandé l’abrogation du décret d’urgence adopté mardi soir par le gouvernement social-démocrate.

Des manifestations sans succès pour l’instant. L’exécutif a rejeté l’idée de renoncer au texte ce jeudi.

“Je suis ici – comme tout le monde je crois – pour qu’ils retirent ce décret et qu’ils démissionnent”, explique une manifestante.

“Je veux qu’ils retirent la loi et c’est tout. Je veux qu’ils fassent leur boulot. Je ne veux pas qu’ils démissionnent, je veux qu’ils se montrent responsables puisqu’ils ont été élus. Mais ils volent sous nos yeux”, s’insurge un jeune homme.

Et lorsque l’on demande aux manifestants combien de temps ils comptent continuer le mouvement : “tous les jours, jusqu‘à ce que le texte soit retiré”, répondent-ils.

Des dissensions sont apparues ce jeudi au sein du gouvernement. Florin Jianu, le ministre des Milieux d’Affaires, du Commerce et de l’Entrepreneuriat a démissionné, parlant d’une “erreur” du pouvoir.

Dans une interview exclusive à euronews, Daniel Horodniceanu, le chef du Service de lutte contre le crime organisé – l’un des deux organes qui combattent la corruption- estime que le gouvernement doit faire preuve de cohérence.

“Nous avons développé une stratégie de défense nationale depuis plusieurs années. L’Etat doit agir en cohérence avec cette stratégie via ses institutions. Et si ce n’est pas le cas, l’Etat doit d’abord communiquer et expliquer ce changement de stratégie au niveau national avant de promulguer tout décret”.

*Le président roumain, de centre-droit, a désavoué le texte en saisissant la Cour constitutionnelle. *
Le gouvernement et ses adversaires ont jusqu’au 7 février pour présenter leurs arguments avant que la plus haute instance du pays ne se prononce sur la légalité du décret.

Le gouvernement roumain du Premier ministre Sorin Grindeanu justifie sa réforme par la nécessité de désengorger les prisons et de mettre en conformité le code pénal dont une soixantaine d’articles ont été invalidés par la Cour constitutionnelle.

Mais les manifestants le soupçonnent de vouloir mettre de nombreux dirigeants du PSD à l’abri des poursuites.

Les rangs du Parti Social-Démocrate – au centre de la vie politique depuis la fin du communisme – ont été particulièrement touchés par les enquêtes du parquet national anticorruption.

Vingt-sept haut responsables roumains, dont le Premier ministre social-démocrate Victor Ponta alors en fonction, ont été renvoyés devant la justice pour la seule année 2015 dont cinq ministres, 16 députés et cinq sénateurs.

L’un des cas les plus retentissants reste celui de l’ex-Premier ministre social-démocrate Adrian Nastase. Il a été condamné à quatre ans et six mois de prison ferme dans deux affaires de corruption.

Il a notamment été jugé coupable du détournement de 1,5 million d’euros pour sa campagne électorale et d’avoir reçu 630.000 euros de pots-de-vin.

Selon le rapport de l’ONG Transparency International, publié fin janvier, la Roumanie est l’un des Etats-membres les plus mal classés au regard du sentiment de corruption des citoyens dans leur quotidien.

Qu’en est-il des autres pays européens et de la France ?

Résumé du rapport de l’ONG dans cette infographie :

Avec agences.

Pour en savoir plus :

- Les Roumains dans la rue, tout savoir sur la nouvelle législation