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Miroir, dis-moi si je suis en bonne santé !


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Miroir, dis-moi si je suis en bonne santé !

A Pise en Italie, une équipe travaillant sur un projet de recherche européen a présenté un miroir intelligent capable en observant une personne d‘établir si elle présente des risques de maladies cardiométaboliques. Cet instrument pourrait être bientôt commercialisé dans une version moins coûteuse et moins sophistiquée, mais tout aussi pertinente pour l’utilisateur.

On dirait un grand téléviseur à écran plat muni d’une surface réfléchissante, mais quand on la touche, on découvre grâce à son interface tactile, un système beaucoup plus complexe : il s’agit d’un miroir intelligent capable de détecter les symptômes de maladies cardiovasculaires. Une équipe internationale basée notamment à Pise en Italie et participant à un projet de recherche européen baptisé SEMEOTICONS nous l’a présenté pour Futuris.

Analyse des caractéristiques du visage

En accédant aux commandes par l’interface tactile, l’utilisateur peut interagir avec le système qui comprend des caméras multispectrales, un scanner 3D et un analyseur d’haleine pour déceler une consommation d’alcool et de tabac. Il est identifié automatiquement par reconnaissance faciale.

Sara Colantonio, coordinatrice du projet et spécialiste en intelligence artificielle à l’institut ISTI, nous précise : “C’est ce que nous appelons un “Wize Mirror” : un miroir “magique” ou “intelligent” qui dispose de capteurs et de fonctions interactives. Il analyse les caractéristiques du visage pour évaluer si la personne qui est devant lui est en bonne santé,” indique-t-elle.

Veronica Chiara Zuccalà, chercheuse en ingénierie biomédicale au sein de l’ IFC-CNR, se place devant le miroir et nous décrit le processus de diagnostic : “Un flash ultraviolet va reconnaître les substances qui se trouvent sous la peau et qui sont associées à un risque de diabète. Là, poursuit-elle, le miroir prend des images pendant 20 secondes pour étudier les micro-mouvements du visage, ce qui va indiquer le niveau de stress de la personne. Cet autre flash, ajoute-t-elle, permet au système d’analyser d’autres signes au niveau de la peau qui sont en lien avec le cholestérol.”

Sara Colantonio renchérit : “A la fin de la collecte de données, le système intègre tous les paramètres du visage dans un “index de santé” qui montrera à Chiara où elle se situe sur l‘échelle des risques de maladies cardiométaboliques.”

Bon niveau de corrélation avec les méthodes de diagnostic traditionnels

Les scientifiques qui travaillent sur ce projet font appel à des volontaires et utilisent du matériel d’auscultation classique pour affiner leurs algorythmes qui repèrent les signes révélateurs de différentes maladies.

“Ces volontaires ont participé à des mesures cliniques comme des tests calorimétriques, l’analyse de leur composition corporelle et des paramètres caractérisant les maladies cardiométaboliques, explique Giuseppe Coppini, coordinateur scientifique de SEMEOTICONS et chercheur en ingénierie biomédicale (IFC-CNR). Et dans le même temps, dit-il, on les a soumis aux mesures réalisées par le miroir comme l’imagerie faciale multispectrale, la reconstitution 3D et l’analyse émotionnelle.”

Trois prototypes totalement fonctionnels ont été réalisés et testés avec succès. Mais avant que ce “Wize Mirror” ne soit commercialisé, ses développeurs voudraient le rendre moins coûteux et moins fragile. “C’est un appareil techniquement très complexe avec beaucoup de caméras : il y en a six en haut et deux en bas ; donc le coût est élevé, reconnaît Meritxell Gimeno Garcia, PDG de DRACO Systems, également partenaire du projet. On envisage de concevoir de nouveaux produits dérivés qui aient moins de fonctions, mais qui fourniraient encore à l’utilisateur, des données pertinentes ; ces appareils seraient plus petits et moins chers,” souligne-t-elle.

Trois essais cliniques menés en France et en Italie ont montré que les conclusions établies par le miroir étaient proches des diagnostics traditionnels.

“L’un des avantages de cet instrument, affirme Maria Aurora Morales, coordinatrice clinique de SEMEOTICONS et cardiologue au sein de l’IFC-CNR, c’est que non seulement, il fournit des informations sur l‘éventuelle présence de facteurs de risques cardiométaboliques, mais il donne aussi des recommandations à l’utilisateur pour qu’il adopte une meilleure hygiène de vie : qu’il mange plus sainement, qu’il fasse de l’activité physique et qu’il évite autant que possible les habitudes nocives comme fumer.”

Denis Loctier avec Stéphanie Lafourcatère

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