DERNIERE MINUTE

“Zora” est un petit robot humanoïde qui marche et qui parle. Actuellement elle sert d’assistante à l’hôpital d’Ostende, en Belgique. Mais son cas n’est pas unique. Désormais, de plus en plus de fonctions sont occupées par des machines. Un peu moins de deux millions de robots sont ainsi en activité dans le monde. Ils pourraient être 11 millions dans deux ans, selon la Fédération internationale de la robotique. Le secteur est en pleine expansion et l’Union européenne n’a pas manqué le coche. Les ventes ont progressé de 25% en 2015 et les prévisions pour 2016 sont du même ordre de grandeur. En fait ce sont les robots qui entraînent de profonds changements sur le marché du travail. Selon la Banque Mondiale, les machines pourront dans un avenir proche occuper près de deux tiers des emplois dans l’industrie manufacturière.

Le Parlement européen a approuvé une initiative pour demander de nouvelles règles en matière d’automatisation. Il s’agit d‘évaluer l’impact de ce phénomène sur l’emploi, la politique fiscale et la protection sociale. « On ne va pas taxer les robots, mais les travaux faits par les robots, on pourrait y réfléchir », explique la députée européenne Mady Delvaux.
La proposition du Parlement veut également soulever la question de la sécurité mais aussi de la vie privée à travers la mise en place d’un code de conduite et d’une agence européenne de la robotique. Le co-fondateur de Zorabots, le père de Zora, souhaite plus de régulation et plus de dialogue avec les industriels. « La technologie évolue très très rapidement et nous voyons que les gouvernements ne peuvent pas suivre », souligne Tommy Deblieck.
Les députés européens envisagent, à beaucoup plus long terme, la possibilité de créer un statut légal particulier pour les “personnes électroniques”.