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Intrusion massive de migrants à Ceuta


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Intrusion massive de migrants à Ceuta

Des dizaines de migrants ont crié leur joie dans les rues de Ceuta, après avoir réussi à franchir la frontière entre le Maroc et l’Espagne.

Près de 500 d’entre eux ont forcé la barrière de six mètres de haut de l’enclave espagnole.

Ils ont désormais la possibilité de présenter une demande d’asile et, en cas d’acceptation, de s’installer dans l’Union européenne.

Ceuta est une ville autonome d’un peu plus de 18 km² appartenant à l’Espagne mais revendiquée par le Maroc depuis plus de 70 ans.

Certains migrants se sont blessés en escaladant la barrière. Plusieurs membres des forces de l’ordre marocains ont également été blessés lors de cette intrusion massive.

Un millier de migrants avait tenté de forcer l’accès à Ceuta pendant la nuit du Nouvel An, sans succès à l‘époque.

Faut-il y voir un lien avec le différend qui oppose le Maroc à l’Union européenne ?

Cette intrusion survient en plein litige entre Rabat et Bruxelles sur un accord de libre-échange concernant les produits agricoles et la pêche.

Début février, le ministère marocain de l’Agriculture avait prévenu que l’Europe s’exposait à un “véritable risque de reprise des flux migratoires” contenus jusqu’ici par le Maroc, si le litige n‘était pas réglé.

Dans un arbitrage rendu fin 2016, la Cour de justice européenne a décidé que le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole contrôlée par Rabat, n‘était pas concerné par l’accord de libre-échange, son statut n’ayant pas été arrêté par la communauté internationale.

Depuis lors, des associations qui soutiennent le Front Polisario, qui réclame l’indépendance du Sahara occidental, ont contesté des opérations commerciales entre le Maroc et des pays européens, concernant des produits venus du Sahara.

“Il faut maintenant que les choses soient claires, sincères, sur l’avenir que nous voulons développer entre le Maroc et l’UE”, avait déclaré début février à l’AFP le ministre de l’Agriculture et de la pêche marocain, Aziz Akhannouch.

“Nous avons un contrat commercial de libre-échange, un partenariat gagnant-gagnant (…). Malheureusement, il y a des zones d’incertitude”, avait déploré M. Akhannouch.

Interrogé mercredi par l’AFP sur les relations de Madrid avec le Maroc et la dépendance de l’Espagne sur les questions migratoires, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a assuré que les relations entre les deux royaumes étaient excellentes.

“Le Maroc ne nous a jamais fait de chantage, jamais”, a-t-il déclaré. “Nous avons une relation magnifique… dans la lutte contre les mafias (…), contre le terrorisme”, “nous collaborons dans de nombreux domaines”, avait-il insisté.

Avec AFP.