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Longtemps oublié, "Fantasio" renaît à Paris


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Longtemps oublié, "Fantasio" renaît à Paris

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L’opéra “Fantasio” de Jacques Offenbach revient sur scène à Paris, au Théâtre du Châtelet. L’oeuvre inspirée par les frères de Musset, perdue dans un incendie a été récemement recréée dans son état d’origine.

Fantasio est un opéra-comique, c’est-à-dire que les scènes chantées alternent avec les dialogues. Pour la mezzo-soprano Marianne Crebassa, c’est encore un rôle en pantalon, un nouveau défi et un nouveau triomphe.

“C’est un personnage complexe. Théâtralement à travers le fait qu’il se déguise, donc qu’il change lui-même de personnage au milieu de la pièce ; et ensuite parce que déjà intérieurement Fantasio est quelqu’un qui est multiple, est quelqu’un qui est à la fois contemplatif, qui est à la fois téméraire, mais il est aussi désabusé. La musique amène l’émotion, le coté plus romantique de Fantasio… alors que le texte parlé montre plus son côté chef de gang, révolutionnaire, républicain. Ce que j’y ai mis c’est à la fois mon côté spontané et joueur, que je peux avoir dans la vie, mais aussi un côté profondément mélancolique,” explique la mezzo-soprano Mariane Crebassa.

Metteur en scène et acteur très apprécié, Thomas Jolly a exploité avec brio les nuances de la personnalité du compositeur et donc du personnage.

“C’est un Jacques Offenbach un peu différent de ce qu’on connaît de lui, dans un esprit un peu plus grave, un peu plus intime, comme un aveu de son humanité, moins dans l’humour, moins dans la brillance, moins dans le divertissement, mais peut-être davantage en quelque chose de plus réflexive, plus introspectif aussi. Et, d’ailleurs, il va changer la fin de la pièce de Musset dans l’opéra, pour faire un vrai appel à la paix, un vrai hymne même, je dirais, à la paix, lui qui est pacifiste”, détaille Thomas Jolly.

“Ce sont tous des grands chanteurs et des grandes chanteuses qui m’impressionnent, mais ils ont eu aussi, et c’est ça la qualité des grands artistes, l’humilité et le courage de laisser tomber leur technique et cette relative notion d’efficacité qu’il y a à l’opéra, pour accepter de chercher, de se tromper, de tester des choses, comme on fait davantage au théâtre ; et ce besoin de ne pas être efficace tout le temps pour eux ça a été aussi une soupape, quelque chose de travailler différemment; pas seulement dans la réussite immédiate, mais aussi ce qu’est la création : la recherche, l’expérimentation, se tromper, échouer, et puis, au moment donné, trouver, quand même !”, poursuit-il.

“Je pense que c’est surtout une histoire de couleurs chez Fantasio, notamment parce qu’il y a deux personnages en un. On a un côté beaucoup plus langoureux, romantique ; et dans le côté bouffon on a une écriture qui est un peu plus pimentée, et puis aussi de grands moments dramatiques, avec de grands élans, des aigus flamboyants. Il m’a fallu être plus qu’une chanteuse, il m’a fallu être une actrice, être plus hardie, c’est-à-dire vraiment arriver à lâcher toute forme de pudeur”, analyse Marianne Crebassa.

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