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Coup de théâtre aux Oscars : "Moonlight" sacré meilleur film

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Coup de théâtre aux Oscars : "Moonlight" sacré meilleur film

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Au moment d'annoncer le vainqueur du meilleur film, Faye Dunaway et Warren Beatty avaient la mauvaise enveloppe.

C’est sur une fausse note mémorable que s’est terminée la 89e cérémonie des Oscars. Au moment d’annoncer le vainqueur de la catégorie meilleur film, Faye Dunaway et Warren Beatty avaient la mauvaise enveloppe.

C’est bien Moonlight, de Barry Jenkins, qui a remporté l’Oscar du meilleur film. Une production indépendante, un film poignant sur la vie d’un jeune afro-américain dans un quartier paupérisé de Miami.

Je voudrais remercier tous ceux qui sont ici derrière moi, tous ceux qui sont dans cette salle car nous n’y sommes pour rien, vous nous avez choisi, merci de nous avoir choisi, ça me touche“ a déclaré Barry Jenkins sous les applaudissements d’un public médusé par le couac.

Assez de membres de l’Académie se sont retrouvés dans ce film au point de le déclarer meilleur film. C’est vraiment encourageant parce que ce personnage est sensé être marginalisé. Et je pense que l’Académie a choisi de se concentrer sur ces personnages, pour reconnaître qu’il y a plusieurs Etats-Unis, et qu’ils sont tous valables“, a ajouté le réalisateur devant le théâtre Dolby de Los Angeles.

Grand favori de ces Oscars avec un record de quatorze nominations, La La Land repars avec six statuettes, dont celle du meilleur réalisateur pour Damien Chazelle et de meilleur actrice pour Emma Stone, préférée à Isabelle Huppert et Natalie Portman.

La comédie musicale qui suit l’histoire d’amour entre une apprentie actrice et un jazzman est une ôde au rêve américain dans l’univers cruel de Los Angeles. Le film avait été primé sept fois aux Golden Globes, un record.

L’Oscar du meilleur acteur a été attribué à Casey Affleck, qui sort de l’ombre de son frère Ben grâce à son rôle d’homme détruit par son passé dans Manchester by the Sea. L’auteur-réalisateur du film, Kenneth Lonergan, a quand à lui été primé pour le scénario de ce drame.

L’Oscar du meilleur film en langue étrangère a été remis au film Le Client, d’Asghar Farhadi. Le cinéaste iranien a boycotté la cérémonie pour protester contre la politique migratoire de Donald Trump. Une ingénieure spaciale irano-américaine, a lu une lettre du réalisateur :

Je suis désolé de ne pas être avec vous ce soir. Je suis absent en signe de repect pour les gens de mon pays et ceux des six autres nations à qui on a manqué de respect avec cette loi inhumaine sur l’entrée des immigrants aux États-Unis. Diviser le monde entre “nous” et “nos ennemis” engendre la peur. Une justification trompeuse des agressions et de la guerre. Ces guerres empêchent la démocratie et les droits de l’homme dans des pays qui ont eux-même été victimes d’agressions. Les cinéastes peuvent avec leurs caméras capturer les qualités partagées par tous les humains et rompre avec les stéréotypes des nationalités et des religions. Ils créent de l’empathie entre “nous” et “les autres”. Une empathie dont nous avons plus que jamais besoin. Merci, au nom de M. Farhadi“ a récité Anousheh Ansari.

Le Client, l’histoire d’un jeune couple d’acteurs victimes d’une violente attaque après avoir emménagé dans un appartement qui était occupé par une prostituée, est le second Oscar de Farhadi après Une séparation, en 2012.