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Trump a-t-il réussi son grand oral devant le Congrès ?

L'analyse de notre correspondant à Washington Stefan Grobe.

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Trump a-t-il réussi son grand oral devant le Congrès ?

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Paul Hackett, euronews :

Après un premier mois mouvementé au pouvoir, le président Trump a prononcé son premier grand discours devant le Congrès, la nation et le monde dans lequel il a évoqué les ambitions de son administration. La Maison-Blanche avait prévenu qu’il s’agirait d’un discours optimiste. A-t-il été à la hauteur des promesses ? Notre correspondant à Washington Stefan Grobe l’a regardé dans son intégralité. Stefan, le président a parlé d’un “nouveau chapitre de la grandeur américaine”. Qu’en pensez-vous ?

Stefan Grobe, correspondant d’euronews à Washington :

C‘était probablement le premier vrai discours présidentiel de Donald Trump, en tous cas que j’ai entendu. Il lisait de manière très modérée son discours sur des prompteurs et est resté collé à son texte, lisant presque mot-à-mot. Il est resté collé au style républicain et aussi à lui-même.

Paul Hackett, euronews :

On peut dire que le président Trump n’a pas fourni jusqu’ici énormément de détails concernant les réformes qu’il compte entreprendre. En a-t-il dit davantage ?

Stefan Grobe, correspondant d’euronews à Washington :

Trump n’est pas un mordu de politique, il ne s’intéresse pas aux détails. Ce qui l’intéresse, c’est l’impression générale. Concernant les sujets controversés, comme la réforme fiscale, il n’a donné que de vagues indications. Sur la prise en charge des soins de santé, il a dit que tous les Américains devaient avoir accès à une assurance-maladie abordable et que ce son plan, ou le plan des républicains, ou un mix des deux, permettrait aux Américains d’acheter une assurance-maladie grâce à des allégements ou des avantages fiscaux. C’est le détail le plus prolifique que nous avons entendu durant son discours. Par ailleurs, il a utilisé l’immigration comme moyen pour attaquer les immigrés clandestins et créer l’impression que chaque immigré illégal dans ce pays est un criminel. Durant son discours, il s’est ainsi plusieurs fois référé aux criminels en évoquant les étrangers en situation irrégulière. C’est une sorte d’obsession chez Trump, que nous avions déjà entendu auparavant, et je crois que c’est le seul os qu’il a donné à ronger à ses principaux partisans.

Paul Hackett, euronews :

Sa cote de popularité est au plus bas. Pensez-vous que ce discours lui a permis de redresser la barre ?

Stefan Grobe, correspondant d’euronews à Washington :

Il est trop tôt pour le dire. C‘était juste un autre jour de l’administration Trump. Trump dit une chose le lundi, une autre le mardi et une autre le dimanche.
Durant son discours, il a encore évoqué le taux élevé de criminalité à Chicago, dépeignant Chicago et d’autres villes américaines comme des champs de bataille infestés par le crime et il a promis de tout en mettre en oeuvre pour faire reculer cette violence. Or, la veille, il a signé un projet de loi, qui permettra à des personnes mentalement instables d’acheter des armes à feu. Comment concilier ces deux positions ? Et il y a d’autres sujets semblables où Trump se contredit ou contredit le leadership républicain. Il est donc trop tôt pour dire si nous avons vu un nouveau Trump avec une nouvelle orientation politique ou si c‘était juste une question de style, plutôt que de contenu.