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Le référendum turc ou la stratégie de toute-puissance


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Le référendum turc ou la stratégie de toute-puissance

Les critiques ont qualifié les réformes proposées de hold up du pouvoir, alors que les partisans du président estiment qu’elles donneront plus de stabilité à la Turquie.

Voici les changements que le référendum apporterait et l’impact qu’ils auraient sur la vie politique de la Turquie.

Un référendum, pour quoi faire ?

Tout simplement, il s’agit de transformer le système politique turc d’un régime parlementaire en régime présidentiel. Si le référendum passe, cela signifie que :

  • Le président, aujourd’hui uniquement chef de l’Etat, devient aussi chef de l’exécutif
  • Le rôle du Premier ministre disparaît ; des postes de vice-présidents sont créés.
  • Le Président peut passer des décrets, déclarer l’Etat d’urgence et nommer les ministres et les hauts fonctionnaires.
  • Le Président ne peut effectuer que deux mandats de cinq ans.
  • Les élections présidentielles et parlementaires sont organisées le même jour, tous les cinq ans.
  • Le parlement peut ouvrir une enquête sur le Président et voter une motion de censure par un vote à la majorité. Pour le traduire en justice, il faut une majorité des deux tiers”.


Quels sont les arguments en faveur du référendum ?

Les partisans d’Erdogan envisagent ces réformes comme un gage de stabilité, à un moment où la région est déchirée par plusieurs guerres et traversée par des flux migratoires historiques. La présence aux frontières du pays de groupes paramilitaires violents comme Daech et le PKK les confortent dans cette idée.

Ils estiment aussi qu’il s’agit d’une chance de moderniser la constitution turque, conçue après le coup d’Etat de 1980.

C’est enfin, selon eux, un moyen d’augmenter l’efficacité des processus décisionnels et de la vie politique en général.

Quels sont les arguments contre ?

L’idée selon laquelle la réforme apporterait plus de stabilité et éviterait les coalitions politiques n’est pas convaincante aux yeux d’Esra Özyürek, professeur d’Etudes turques contemporaines au London School of Economics’ European Institute.

Elle a rappelé à Euronews le fait qu’aucune coalition n’avait gouverné la Turquie durant ces quatorze dernières années.

Elle souligne en revanche le fait que le référendum, s’il est approuvé, annihilera de façon certaine toute opposition politique à Erdogan. “Il sera le chef de l’Etat, le chef du gouvernement, et aura tout pouvoir sur la justice. Il aura le pouvoir de prendre des décrets, ce qui est énorme car cela rend le parlement inutile en fin de compte”.

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