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Un "Retour d'Ulysse en sa patrie" forcément unique


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Un "Retour d'Ulysse en sa patrie" forcément unique

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À l’occasion des représentations de la nouvelle production du “Retour d’Ulysse en sa patrie” au Théâtre des Champs-Élysées, nous avons interviewé sa directrice musicale Emmanuelle Haïm et le ténor franco-mexicain Rolando Villazón qui incarne Ulysse. Ils nous disent ce qui selon eux, caractérise cet opéra de Claudio Monteverdi.

Emmanuelle Haïm dirige son propre ensemble baroque Le Concert d’Astrée. Elle explique pourquoi chaque production du Retour d’Ulysse en sa patrie est forcément unique.

En ce qui concerne ‘Le Retour d’Ulysse dans sa patrie’,“ explique la chef d’orchestre, “on a un manuscrit qui est une copie, qui n’est pas de la main de Monteverdi et sur lequel il n’y a aucune indication comme c‘était la pratique à l‘époque. Personne ne nous dit quels instruments jouent et ce qu’ils jouent,“ indique-t-elle.

“Il faut prendre des décisions constamment”

Donc, le rôle du chef est très différent de celui du chef d’un opéra du XIXe qui va certes interpréter, mais qui va interpréter une musique où il y a beaucoup plus d’indications ; là, il faut prendre des décisions un peu constamment,“ affirme Emmanuelle Haïm avant d’ajouter : “Donc, jamais vous n’allez avoir les mêmes choix de musique, les mêmes improvisations, évidemment.

Dans le rôle-titre de cette nouvelle production, Rolando Villazón. Le ténor franco-mexicain estime lui aussi que la performance qui est demandée aux interprètes est tout-à-fait particulière pour cet opéra : “Il faut écouter la musique, les instruments parce que contrairement au répertoire romantique où la voix – en quelque sorte – surfe dans la vague de musique, ici tu es une partie de la musique : tu vas réagir à ce que les instruments font et les instruments vont réagir à ce que tu fais,“ souligne-t-il.

“L’instrumentarium de la Venise de 1630-1640”

Il y a deux groupes fondamentaux d’instruments, c’est-à-dire les instruments du fondamento, du fondement. Donc on a la viole de gambe, le violoncelle qui est da braccio, qu’on tient dans les bras et les instruments polyphoniques qui réalisent l’harmonie : l’orgue, tous les instruments de la famille du luth et leurs déclinaisons : du petit instrument luth jusqu’aux théorbes qui ont des basses très profondes,“ énumère Emmanuelle Haïm.

Par ailleurs,“ poursuit-elle, “on a tous les instruments qui vont être mélodiques, donc la famille des violons. Vous avez les cornets à bouquin qui sont presque de la famille des cuivres en dehors du fait que l’instrument lui-même est en bois, mais c’est à embouchure comme une trompette et enfin, les flûtes à bec : c’est l’instrumentarium de la Venise de 1630-1640.

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