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Au CeBIT 2017, le Japon s'affirme en leader mondial du numérique


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Au CeBIT 2017, le Japon s'affirme en leader mondial du numérique

Jamais depuis la tenue du premier CeBIT il y a plus de trente ans, le Japon n’avait été autant représenté lors de cet évènement, le plus grand salon mondial de l’informatique qui se tient du 20 au 24 mars 2017 à Hanovre (Allemagne). Partenaire de cette édition, le pays entend démontrer l‘étendue de son concept de “Société 5.0” : la vision nippone d’un monde de plus en plus connecté et automatisé.

S’imposer comme leader mondial du numérique, c’est l’objectif du Japon, pays partenaire du CeBIT 2017. Son Premier ministre y a expliqué son concept de “Société 5.0”, le prolongement de la quatrième révolution industrielle. “Nous assistons à l’ouverture du cinquième chapitre, a indiqué Shinzo Abe dans un discours lors du salon. “Nous sommes maintenant capables de trouver des solutions à des problèmes qui auparavant, étaient insolubles, nous entrons dans une ère où tous les objets sont connectés, toutes les technologies ont fusionné et c’est l’avènement de la ‘Société 5.0’,” a-t-il assuré.

Des robots à la place des hommes ?

Dans les allées, les innovations japonaises pullulent comme ont pu le constater nos reporters Jeremy Wilks et Sebastian Saam : on y trouve de tout des systèmes intelligents au traitement des données en passant par les robots. Le pays est réputé depuis des décennies pour ses modèles robotisés industriels et ses humanoïdes. “Pepper” par exemple pourrait bientôt travailler à la réception d’un hôtel ou dans un bureau.

“Je ne crois pas que les robots privent les hommes de leurs emplois, affirme Yuta Mitsubori, fondateur et PDG d’ Unicast. Les robots peuvent réaliser des tâches pour lesquelles les humains ne sont pas nécessaires et les humains peuvent ainsi se concentrer sur des choses plus importantes : c’est le but de l’application que nous avons conçue,” souligne-t-il.

Stratégie globale

Théâtre kabuki virtuel, agriculture connectée, transport intelligent… L’un des stands les plus hétéroclites, c’est probablement celui du japonais NTT, un groupe spécialisé dans les télécommunications qui aujourd’hui, investit tous les champs des technologies de l’information.

“Ce qui est important pour nous, insiste Hiroo Unoura, son PDG, c’est que chaque entreprise de notre groupe puisse aider nos clients et utilisateurs à créer de nouveaux modèles commerciaux ou de nouveaux systèmes dans différents domaines.”

L’une des filiales du groupe a travaillé sur le Tour de France : les coureurs avaient sur leur vélo, son capteur GPS capable de les situer et de savoir à quelle vitesse ils roulent en temps réel. Des informations destinées aux médias et aux directeurs de course.

La mode non plus n‘échappe pas à la numérisation. Grâce à un miroir intelligent conçu par des Japonais, on peut essayer des milliers de tenues virtuellement, les commander en ligne et se les faire livrer sous trois semaines.

“Notre système, estime Tatsuo Kawada, président de Seiren, permet de réduire les pertes car on produit uniquement les articles vendus. On fabrique en petites séries, de nombreux articles, on a des délais de livraison courts, moins de stock et des possibilités de personnalisation,” énumère-t-il.

Collaboration germano-japonaise

Lors du CeBIT, un sommet du Japon a permis de promouvoir la coopération germano-japonaise qui remonte à très loin d’après Hiroyuki Ishige, PDG de l’Organisation japonaise du commerce extérieur (JETRO) : “Les entreprises allemandes et japonaises entretiennent des relations depuis très longtemps : prenons l’exemple du moteur diesel, il a été inventé à la fin du XIXe siècle en Allemagne et au Japon, une entreprise appelée Yanmar a élaboré une version réduite de ce moteur, raconte-t-il avant d’ajouter : “Et il y a d’autres exemples de produits inventés en Allemagne qui ont été repris et développés au Japon.”

Le transfert des données est aujourd’hui, devenu un enjeu capital. L’un des trois plus grands fabricants de fibre au monde, le japonais Fujikara, propose des solutions notamment grâce un laser à fibre présenté en action lors du salon.

“Ce qui est particulier avec ce laser à fibre, ce sont en fait les câbles que nous produisons avec, fait remarquer Atussa Sarvestani, chargé de projet chez “Fujikura”. Ils sont composés de fibre de verre et ils peuvent transférer des quantités extrêmement élevées de données alors que ces câbles sont plutôt petits en taille,” explique-t-elle.

Pour les entreprises allemandes, le salon est aussi l’occasion d’entretenir leurs relations avec leurs homologues nippones. Ce que confirme Benno Bunse, PDG de l’Agence fédérale pour le commerce extérieur (GTAI) : “Je crois que le CeBIT est la plateforme idéale pour intensifier nos collaborations qui sont déjà intenses avec les entreprises japonaises. Les sociétés allemandes et en particulier, les PME ont une formidable opportunité de mieux connaître l’offre qu’elles proposent dans le domaine de la numérisation,” poursuit-il.

Télévision 8K

Autre domaine bouleversé par la numérisation : la télévision. Le Japon prépare les Jeux olympiques de Tokyo en 2020 qui seront retransmis en 8K, une résolution quatre fois supérieure à l’Ultra HD.

Yasushi Seito, l’un des dirigeants de l’entreprise publique de télédiffusion au Japon, NHK, nous explique : “La technologie 8K a été développée par notre société pour la prochaine génération de téléviseurs.” Ses concepteurs promettent que grâce à elle, les téléspectateurs auront un sentiment unique d’immersion dans l’image.

Sebastian Saam avec Stéphanie Lafourcatère

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