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L'avenir de l'intégration européenne vu du Parlement de Strasbourg


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L'avenir de l'intégration européenne vu du Parlement de Strasbourg

L’Europe est-elle à un point de non retour? Le Brexit a troublé son image et son futur semble incertain. Dans les rues de Strasbourg, à la question de ce qu’est l’UE, les réponses varient.

“L’Europe est un projet” dit un homme. “Il doit être construit pour garantir un futur en paix.

Pour une dame, il s’agit d’“abattre les frontières”, de “vivre ensemble” et “se comprendre.”

“Ce n’est pas le paradis” dit encore un autre passant. “Il y a encore beaucoup de problèmes, comme les réfugiés par exemple.”

“Le plus gros avantage, pour moi (…) c’est la liberté de circulation” ajoute un jeune homme.

“L’union et l’amour entre les pays”, voilà ce qu’est le projet européen confie un autre. “Parce qu’on est tous unis, c’est une seule et meme nation. C’est très beau.”

“ll y a quand même une montée des nationalismes de l’extrême droite” confie une dame qui avoue avoir “peur”.

Divisions et mécontentements, l’Europe en a l’habitude… Mais aujourd’hui les leaders européens pensent avoir un plan. Et les leaders européens vont en discuter en détail dans quelques jours.

Unité semble bien être le mot d’ordre du jour. Il est un peu ironique que les leaders européens abordent précisément la question des divisions de l’UE lors des commémorations du traité de Rome, ce traité qui appelait justement à une union toujours plus étroite.

Consciente des multiples crises qu’affronte l’Europe, la Commission européenne propose pour l’Europe du futur un plan en cinq options, avec plusieurs degrés d’intégration possibles, allant d’une Europe réduite à ses points économiques essentiels, jusqu‘à un modèle à plusieurs vitesses, ou bien une Europe complètement intégrée.

Que nous le voulions ou non, les “eurocrates” joueront un rôle essentiel pour dessiner le futur de l’Europe.

Nous voilà donc au Parlement européen pour parler avec les législateurs et comprendre comment ils imaginent l’Europe du futur.

Commençons avec deux adversaires politiques qui participent l’un et l’autre à ce que l’Europe sera demain. Nous accueillerons le célèbre eurosceptique Nigel Farage, celui qui a fait campagne en faveur du Brexit avec le succès qu’on connaît. Mais tout d’abord, Guy Verhofstadt : un avocat farouche du projet européen qui est aujourd’hui chargé des négociations du Brexit par le Parlement européen.

Entretien avec Guy Verhofstadt, le président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe

- Isabelle Kumar, Euronews : Vous êtes considéré comme un des porte-drapeaux du fédéralisme. Craignez-vous que votre rêve d’une Europe intégrée soit mort et qu’on l’enterre lors des célébrations du traité de Rome?

- Guy Verhofstadt, président de l’ADLE : Je crois qu’il est absolument nécessaire que nous allions dans cette direction, sinon le continent ne survivra pas. Nous avons l’opportunité non seulement de nous souvenir du traité de Rome mais aussi des idées originelles des pères fondateurs de l’Union européenne : une union politique, économique, une union de la défense. C’est exactement ce dont nous avons besoin dans les dizaines d’années à venir.

- Isabelle Kumar : Jean-Claude Juncker, le chef de la Commission européenne avance cinq propositions dont une Europe à plusieurs vitesses qui semble susciter l’intérêt le plus vif.

- Guy Verhofstadt : L’Europe à plusieurs vitesses existe déjà.

- Isabelle Kumar : Donc ça ne fonctionnerait pas ?

- Guy Verhofstadt : Ça ne fonctionnera pas. De toute façon, un noyau de participants prendra la tête. Environ vingt pays, peut être 25, iront de l’avant alors que d’autres seront intégrés plus tard. Ça, c’est possible.

- Isabelle Kumar : Vous proposeriez d’exclure les pays qui n’adhèrent pas à votre façon de voir ?

- Guy Verhofstadt : C’est exactement l’inverse me semble-t-il. Depuis le référendum sur le Brexit, nous observons que dans la plupart des pays les gens veulent plus d’Europe.

- Isabelle Kumar : En ce qui concerne la défense, comment fonctionnerait-elle dans l’Europe du futur ? Êtes-vous favorable à une armée européenne ?

- Guy Verhofstadt : Oui, et regardez ce qui se passe en Syrie ? En Syrie, nous n’avons rien fait alors que nous faisons face à toutes les retombées négatives du conflit qui s’y déroule. Je crois qu’il est temps que nous nous organisions.

- Isabelle Kumar : Pouvez-vous citer trois problèmes avec lesquels vous êtes en accord avec les eurosceptiques ?

- Guy Verhofstadt : Lorsqu’ils disent que nous sommes incapables de gérer la crise des migrants : je suis d’accord. Lorsqu’ils dénoncent nos manques de résultats pour gérer la crise financière : je suis d’accord. Lorsqu’ils dénoncent une Europe trop bureaucratique : je suis d’accord. Mais la solution à tout cela n’est pas un retour en arrière vers les États nations qui ont été à l’origine de tant de troubles et de tragédies au XXe siècle.

- Isabelle Kumar : Si vous deviez prévoir le futur de l’intégration européenne sur une échelle de zéro à cinq, zéro étant le minimum et cinq le maximum, ces Etats-Unis d’Europe dont vous parliez souvent, où placer votre estimation ?

- Guy Verhofstadt : Mettez-moi quelque part au milieu.

Entretien avec Nigel Farage, co-président du groupe parlementaire européen Europe de la liberté et de la démocratie directe

- Isabelle Kumar, Euronews : Nigel Farage, l’Europe est-elle à un point de non-retour ?

- Nigel Farage, co-président du ELDD : C’est ce que je pensais il y a quelques temps. Regardez les nombreuses crises auxquelles elle fait face : d’abord, le Brexit, qui est probablement le pire qui soit jamais arrivé à l’Union. Ensuite, l’effondrement complet des relations avec la Turquie qui va conduire à une nouvelle crise migratoire l‘été prochain. Et puis les remboursements de la Grèce prévus en juillet, et les craintes autour de plusieurs grandes banques italiennes. Tout cela sur fond de la campagne électorale française… La tendance est à un retour vers l‘État nation. Cela ne signifie pas que les peuples ne veulent pas de coopération européenne, au contraire, mais ils ne veulent pas de ce modèle de gouvernement centralisé.

- Isabelle Kumar : La question d’une défense commune est à nouveau sur la table, la question d’une armée européenne vous inquiète et vous préoccupe…

-Nigel Farage : Oui.

-Isabelle Kumar : La question cesse-t-elle de se poser maintenant que la Grande-Bretagne quitte l’UE ?

- Nigel Farage : Il est intéressant d’observer comment MM. Verhofstadt et Juncker utilisent la victoire de Trump. Ils disent : “Ah, comme les Américains quittent l’Europe, il nous faut une armée européenne !” Et ils veulent aussi l’arme nucléaire ! En réalité, M. Trump ne veut pas se retirer de l’Europe, mais seulement que les membres de l’OTAN payent leur part du budget.
La mise en place d’une véritable armée européenne, avec sa propre diplomatie appuyée sur un potentiel nucléaire, serait, selon moi, quelque chose de potentiellement dangereux.

- Isabelle Kumar : Pourquoi ?

- Nigel Farage : Parce que nous savons que l’Europe souhaite s‘élargir. Or, l’histoire montre que l’expansion des pays en direction de l’Est conduit à la guerre. Nous allons vers une confrontation avec la Russie de Poutine. Et je crois que si ces institutions avaient d’avantage de puissance, elles risqueraient de s’en servir.

- Isabelle Kumar : Le Brexit est maintenant lancé. Prévoyez-vous que l’Union européenne se réduise sensiblement ?

- Nigel Farage : Aujourd’hui l’Union européenne croit fermement que le Brexit est un évènement isolé et qu’aucun autre membre ne quittera l’Union. Je crois qu’ils ont tort. Ils vont continuer à défendre leur modèle. Je ne dis pas qu’il y aura cette année un Frexit, mais je suis convaincu qu’il aura lieu dans trois à cinq ans.

-Isabelle Kumar : Une dernière question sur l’intégration européenne. Sur une échelle de zéro à cinq, où vous placez-vous ?

- Nigel Farage : En terme d’intégration, zéro, en termes de coopération, cinq.

Entretien avec Ska Keller, vice-présidente du Groupe des Verts / Alliance libre européenne

Comme pour le Brexit, ce sont les jeunes générations qui ressentiront les conséquences des décisions qui seront prises. Ska Keller est membre du Groupe des Verts. Elle est jeune, dynamique, ambitieuse et elle veut changer le monde.

*- Isabelle Kumar, Euronews : Ska Keller, merci d‘être avec nous. Alors que nous observons de plus en plus de jeunes européens rejoindre les eurosceptiques et les mouvements populistes, quel sera selon vous l’Europe du futur ?

- Ska Keller, Groupe des Verts, Alliance libre européenne : En réalité, j’observe aussi l’inverse. Je dirais que les gens et les jeunes en particulier, réalisent seulement maintenant que l’unité européenne n’est pas acquise et qu’il faut s’engager si l’on veut la conserver. Mais c’est en ce moment ce qu’il se passe.

- Isabelle Kumar : La cause des migrants vous touche tout particulièrement. Est-il possible d’y faire face humainement dans une Europe à plusieurs vitesses ?

- Ska Keller : Je ne suis pas très favorable à une Europe à plusieurs vitesses parce que cela risque de laisser derrière plusieurs pays ou plusieurs régions. Il faut toujours essayer de faire avancer l’Europe ensemble. Cela dit, en matière d’asile, de réinstallation de migrants, les choses peuvent avancer différemment : certains États membres peuvent être favorables, même si d’autres refusent.

-Isabelle Kumar : Parlons des questions commerciales. Vous étiez opposée au traité d‘échanges entre le Canada et l’Union européenne. Pensez-vous aujourd’hui que c’est le futur du commerce européen ?

- Ska Keller : Le CETA n’est pas la panacée du futur accord commercial. Les termes du CETA sont, pour beaucoup, problématiques. Il établit une cour de justice dédiée aux investisseurs, une cour qui leur donne la possibilité de poursuivre les États membres alors que moi, je ne peux rien faire contre une entreprise qui bafoue mes droits. Je veux qu’il y ait des échanges, mais des échanges équitables qui respectent la planète et garantissent nos droits, et non pas qu’ils les menacent.

- Isabelle Kumar : Vous parlez de la planète. Le problème des changements climatiques est crucial. Craignez-vous qu’avec les crises que traverse l’Europe et les changements politiques au niveau global, le climat puisse ne plus être à l’ordre du jour ?

- Ska Keller : Nous sommes la première génération à observer l’impact des changements climatiques, mais aussi la dernière à être en mesure de faire quelque chose. Si on ne fait rien, nous aurons un désastre. Faisons quelque chose pendant que nous le pouvons encore.

- Isabelle Kumar : En matière d’intégration européenne, sur une échelle de zéro à cinq, où placeriez-vous ce qui serait l’Europe idéale du futur ?

- Ska Keller : Je dirais au niveau 4… Mais avec beaucoup de réserves…

-Isabelle Kumar : Fantastique, merci.

- Ska Keller : Vous n’allez pas couper au montage mes “réserves”, n’est-ce pas ?!

Entretien avec Viviane Reding, membre du Parti Chrétien-social et du parti populaire européen

Viviane Reding est une personnalité incontournable des conservateurs du Parti populaire européen, un parti qui défend des valeurs traditionnelles.

- Isabelle Kumar, Euronews : Viviane Reding, cinq propositions ont été faites pour régler les nombreuses crises auxquelles l’Europe fait face…

- Viviane Reding, Parti populaire Chrétien-social : Il ne s’agit pas de régler une crise. Voilà soixante ans que nous jetons des ponts et abattons des murs. Il s’agit en réalité d’un exemple pour l’humanité. Nous devons continuer. Il existe différents scénarios pour continuer. Le mien est très clair. Je souhaite à terme arriver, pour la génération à venir, à une véritable Europe fédérale.

- Isabelle Kumar : Comment cela peut-il régler la crise économique ? vous n’allez pas forcement accepter tout le monde…

- Viviane Reding : L’Europe est la plus forte économie du monde. Nous faisons face à une crise temporaire. D’autres pays y font aussi face. La question est de trouver des solutions temporaires. Ce sont ces questions à court terme que nous devons régler.

- Isabelle Kumar : En regardant vers l’avenir, pensez-vous que le futur de l’euro est garanti ?

- Viviane Reding : Bien sûr. Je ne vois aucune crise de l’euro. L’euro est la deuxième plus importante monnaie d‘échange et de réserve dans le monde. Laissons partir les pays qui veulent partir. Je suis de ceux qui ne souhaitent forcer personne à rester. Ce qui est en crise, ce sont les politiques nationales de certains pays qui font tout simplement un travail minable.

- Isabelle Kumar : La justice et les droits fondamentaux vous tiennent à cœur, mais ils sont malmenés dans plusieurs régions d’Europe…

- Vivivane Reding : Nous avons investi des milliards d’euros pour aider au développement de ces pays. La solidarité ne peut pas toujours être à sens unique.

- Isabelle Kumar : A quels pays pensez-vous?

-Viviane Reding : Je peux citer par exemple la Pologne. Je peux aussi citer le Premier ministre Orban parce que je ne pense pas que les Hongrois partagent sa façon de voir.
Ces pays ouvrent leurs mains pour recevoir des aides, mais sont incapables de donner quoi que ce soit en retour. Il faut que cela change.

-Isabelle Kumar : Et pour finir, imaginons l’Europe du futur et prenons une échelle d’intégration de zéro, zéro intégration, à cinq, le maximum. Où placeriez-vous votre Europe du futur ?

-Viviane Reding :Je place l’Europe du futur à 4,5 parce que personne n’est parfait, mais c’est notre ambition.

Depuis les victoires du Brexit et de Donald Trump, les populistes ont révisé leurs espoirs à la hausse. En France, le Front national fonde de grands espoirs dans l‘élection présidentielle. Nous avons rencontré leur député européen Nicolas Bay.

Entretien avec Nicolas Bay, secrétaire général du Front national, membre du groupe Europe des nations et des libertés

- Isabelle Kumar, Euronews : L’immigration est évidemment un gros dossier pour vous, c’est quelque chose où l’UE rencontre des difficultés. Comment voyez-vous cela ?

- Nicolas Bay, Front National : On est face à une immigration massive et cette immigration massive est voulue par les technocrates de Bruxelles au nom du grand dogme de la libre circulation. Schengen est un échec total, Schengen met en danger les peuples. Il est urgent de rétablir des protections à nos frontières. Elles ont existé pendant des siècles, et même des millénaires. Il n’y a aucune raison de ne pas les restaurer.

-Isabelle Kumar : Comment règleriez-vous l’immigration ? Cela serait une coupure pure et simple ?

- Nicolas Bay : Il faut non seulement réduire drastiquement l’immigration, mais aussi inverser la tendance. C’est-à-dire organiser le retour dans leur pays d’origine des clandestins, et même de certains immigrés légaux qui n’ont pas forcément vocation à rester à l’expiration de leur titre de séjour.

- Isabelle Kumar : Le Front National préconise une sortie de la zone euro, malgré le fait maintenant qu’une majorité de Français s’est déclarée contre un abandon de la monnaie unique…

- Nicolas Bay : Aujourd’hui on voit bien que l’euro sert les intérêts de l’Allemagne au détriment de la plupart des autres pays de la zone euro. Il faut réfléchir à faire évoluer ce système pour que cela soit conforme à nos intérêts. Il faut retrouver une monnaie nationale et conserver une monnaie commune, c’est-à-dire une monnaie d’échange internationale qui serait consituée de monnaies nationales, afin que chaque pays retrouve une monnaie qui soit adaptée à l’état de son économie.

- Isabelle Kumar : Nous observons une croissance de l’extrême droite dans l’UE. Imaginez-vous une UE restreinte de l’extrême droite avec des partenariats forts ?

- Nicolas Bay : Je crois qu’il n’y a pas d’extrême droite, il y a des patriotes et aujourd’hui, il y a l‘émergence des patriotes dans tous les pays européens. Nous avons un groupe constitué d’une dizaine de nationalités, ici au parlement de Strasbourg.

Nous n’avons rien d’extrémistes et nous nous positionnons au-delà de ce clivage gauche-droite qui est un peu dépassé. Ce que nous défendons en tout cas, c’est une renégociation des traités européens. Et si ce n’est pas possible, et si comme David Cameron, nous nous heurtons à un mur face à Monsieur Juncker, eh bien à ce moment-là, il faudra en effet proposer aux Français un référendum sur le Frexit, pour ensuite construire l’Europe différemment.

- Isabelle Kumar : Si vous pouvez imaginer une UE sur une échelle d’intégration de 0 à 5, ou vous positionnez-vous ?

- Nicolas Bay : Zéro intégration, mais une véritable politique de coopération.

Les populistes sont considérés comme des maîtres de la communication, un domaine où l’Union européenne n’excelle pas toujours. Nous en parlons avec Tanja Fajon, une ex-journaliste et une des étoiles montantes du Parlement européen.

Entretien avec Tanja Fajon, membre du groupe Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D)

- Isabelle Kumar, Euronews : Des réunions cruciales pour l’avenir de l’Europe vont avoir lieu, le président de la Commission européenne a fait des propositions. S’agit-il d’un schéma directeur pour le futur ?

- Tanya Fajon, S&D : J’ai été un peu déçue quand la Commission a dévoilé son Livre blanc. Je m’attendais à des directives claires, pas à cinq scénarios différents qui sont à l’origine des turbulences que j’observe en parlant autour de moi : les gens se demandent s’ils font partie d’une Europe de deuxième ou troisième catégorie.

- Isabelle Kumar : Pensez-vous, vous qui venez d’un petit pays, la Slovénie, que dans une Europe à plusieurs vitesses, vous ne seriez plus en mesure de vous faire entendre?

- Tanya Fajon : Ce que je veux dire, c’est que vu d’un petit pays, cela semble extrêmement dangereux, ce serait pour nous comme si nous marchions bien loin derrière les autres.

-Isabelle Kumar : Les commémorations du traité de Rome approchent très vite. Selon vous, quelle image les leaders européens vont-ils donner, en imaginant la photo de famille à l’issue des commémorations ?

- Tanya Fajon : J’imagine que les commémorations seront brillantes, qu’il y aura une très belle photo de famille, et j’espère un message très fort à l’attention des citoyens.

- Isabelle Kumar : L’Union européenne a un problème d’image. Les institutions sont souvent considérées comme isolées. Cette image reflète-t-elle la réalité de ce qu’est l’Europe ?

- Tanya Fajon : Les citoyens se sentent très éloignés de Bruxelles et de son élite politique. Il est temps que les citoyens reprennent le contrôle du projet politique. Il y a encore de belles histoires. Regardons l’Europe aujourd’hui et ce qu’elle fut il y a 50 ou 60 ans. Les progrès sont extraordinaires. Les parlementaires et les médias doivent relayer davantage d’histoires positives.

- Isabelle Kumar : Pour finir, j’aimerais que vous imaginiez l’intégration européenne sur une échelle de zéro à 5. Où placeriez-vous le curseur d’une Europe future et idéale ?

- Tanya Fajon : Je dirais au niveau 4, pour avoir beaucoup de coopération là où elle est nécessaire.

Les propositions existent, mais le futur de l’Europe reste incertain. Lors des célébrations du traité de Rome, les leaders européens auront sans nul doute à l’esprit que le changement n’est plus une question de choix et qu’il s’agit maintenant de la survie du projet européen.