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Serbie: 11 candidats pour les élections présidentielles

En Serbie, les bureaux de vote ont ouvert depuis ce matin, malgré la crainte de fraude électorale.

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Serbie: 11 candidats pour les élections présidentielles

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En Serbie, les bureaux de vote ont ouvert depuis ce matin, malgré la crainte de fraude électorale. L’OSCE, observe certains aspects du vote, mais aucun inspecteur n’a été envoyé dans les bureaux de vote. Voici un court portrait des principaux candidats.

Aleksandar Vucic
Le Premier ministre actuel Aleksandar Vucic espère pouvoir devenir président dès le premier tour. L’ancien ultranationaliste de 47 ans, converti au centrisme et au rapprochement avec l’Union européenne, espére l’emporter face à une opposition qui rassemble 10 candidats.
Sa campagne a très largement dominé l’espace public. Vucic a fait sa mue: soudainement converti à la démocratie parlementaire en 2008, il négocie désormais l’adhésion à l’Union européenne. Comme lors des législatives de 2016 remportées par son parti serbe du Progrès (SNS, centre droit), il présente ce scrutin comme un “référendum pour l’avenir”, usant d’un air de “Moi ou le chaos” dans un contexte de tensions avivées dans les Balkans.

Vojislav Seselj
Lui n’a pas du tout changé: l’ultranationaliste Vojislav Seselj, acquitté en 2016 par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) d’accusations de crimes de guerre, reste un adepte des provocations qu’il a mises au service du nationalisme serbe pendant les conflits des années 1990 en ex-Yougoslavie. Corpulent, il a été libéré en 2014 après 12 ans de détention. Finalement acquitté, il est revenu en politique, prônant une alliance avec la Russie et l’abandon de toute adhésion à l’UE, dont il a fait brûler le drapeau, comme ceux des Etats-Unis et de la Croatie. Admirateur du président américain Donald Trump après avoir été celui du tribun de l’extrême droite française Jean-Marie Le Pen, il a expliqué qu’il érigerait un mur pour empêcher tout afflux de migrants: “C’est ce que vous faites si votre frontière est menacée (…) et si les barbelés ne suffisent pas, vous mettez des champs de mines”.

Jeremic Vuc
Pro-européen, l’ancien ministre des Affaires étrangères Jeremic Vuk se présente, sans le soutien officiel d’un parti politique. Physicien de formation, intellectuel surdiplômé, il estime que son pays “doit mieux faire” car “un grand nombre de gens vivent mal et sont extrêmement déçus”. Favorable à l’intégration à l’UE, ce descendant d’une dynastie de politiques communistes yougoslaves a également incarné, quand il était ministre des Affaires étrangères de Tadic (2007-2012), l’intransigeance serbe sur le Kosovo.

Saša Janković
Journaliste de formation, Saša Janković, plaide pour une réelle démocratie, (le seul moyen selon lui de sortir de la spirale infernale dans laquelle est plongée la Serbie), soutenu par de nombreux intellectuels du pays, et dénonçant la dérive autoritaire du Preminer ministre candidat.
Nommé médiateur de la République en 2007, il y a bâti sa notoriété et sa popularité parmi les classes moyennes urbaines et libérales. Il entend “rendre son sens à l’institution du président”. Un deuxième tour serait “un premier pas”, dit-il.

Luka Maksimovic, alias “Beli”
Enfin le plus original: Luka Maksimovic, un étudiant de 25 ans, incarne un personnage politivcien corrompu, “Beli”, le “Blanc”, pour se moquer de la classe politique. Il rencontre un véritable succès auprès des jeunes notamment: sa campagne, conceptuelle, fait sensation sur les réseaux sociaux, porté par une certaine loufoquerie à la “Borat”. Ce phénomène illustre pour beaucoup la déliquescence de la classe politique serbe, qui ne se renouvelle guère et vit sous le soupçon de la corruption. Il promet, ironiquement, de “voler pour lui-même” mais s’engage “à donner aussi quelque chose au peuple”.

Ce succès “est une gifle, autant pour le pouvoir que pour l’opposition”, analyse le trublion pour l’AFP. “Ils devraient se demander ce qu’ils ont apporté à ce pays pour qu’un personnage fictif se présente à la présidence et que les gens veuillent voter pour lui. Cela montre qu’il y a quelque chose qui ne va pas.” La classe politique se garde de critiquer “Beli”. “Il montre d’une manière positive à quel point le processus électoral et les institutions sont devenus vides de sens”, dit Sasa Jankovic, qui apparaissait jusqu‘à l‘émergence de “Beli” comme le principal rival d’Aleksandar Vucic.