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Indéboulonnable, le candidat de la droite a une idée fixe : redresser la France


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Indéboulonnable, le candidat de la droite a une idée fixe : redresser la France

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S’il est une candidature qui a fait couler de l’encre durant la campagne, c’est bien celle de François Fillon. Celui qui avait créé la surprise en raflant plus de 68 % des voix au second tour de la primaire de la droite et du centre a par la suite croulé sous le poids des “affaires”, mais sans rien lâcher. Il reste candidat quoi qu’il en coûte, et quel que soit le risque pour sa famille politique.

François Fillon, 63 ans, a derrière lui une carrière politique de plus de 35 ans. Député, plusieurs fois ministre, Premier ministre sous Nicolas Sarkozy, et de nouveau député avant de se lancer dans la course à la primaire et à la présidentielle, il connaît parfaitement les rouages du pouvoir.

“Affaires” oblige, l’homme ne se présente plus comme le “Monsieur propre” de la politique, mais met en avant son expérience et sa solidité. Il entend ainsi porter un projet “puissant et conquérant : celui du redressement national”, mais un projet “réaliste” qui demandera des efforts aux Français.

Tour d’horizon de son programme qui se veut sans “démagogie”, ni “illusions”

Redresser les finances

Pour le candidat des Républicains, avec une dette qui pèse 97 % de son PIB et un déficit systématiquement au-dessus du plafond des 3 %, il y a urgence à redresser les finances du pays. Et il annonce la couleur : lui Président, les dépenses publiques seront réduites de 100 milliards d’euros sur le quinquennat et 500 000 emplois publics seront supprimés.

Ses recettes pour relancer l‘économie et l’emploi

François Fillon veut en premier lieu baisser les charges sur les entreprises pour booster la compétitivité et les embauches. Le montant annoncé est de 35 milliards : 25 milliards en baissant les charges sociales et les impôts sur la production et 10 milliards en baissant progressivement l’impôt sur les sociétés qui descendrait au final à 25 % (au lieu de 33 % aujourd’hui). Pour financer ces allègements de charges, il compte notamment augmenter de 2 % le taux de TVA.

Le candidat de la droite promet ni plus ni moins un retour au plein-emploi. Et pour lui, favoriser l’emploi, c’est aussi durcir les conditions d’attribution des allocations chômage. Les chômeurs refusant une deuxième offre d’emploi pourraient être sanctionnés et les allocations seraient dégressives.

Il mise également beaucoup sur l’emploi des jeunes en alternance, embauche qui serait exonérée de charges sociales.

Exit aussi la semaine des 35 heures dans le public comme le privé. La durée du travail serait négociée dans les entreprises, et les fonctionnaires passeraient, eux, aux 39 heures.

Il veut enfin créer une allocation sociale unique : “rien ne peut et ne pourra justifier que travailler paie moins que de vivre de la solidarité de tous”. L’incitation à reprendre un emploi, à temps complet, comme à temps partiel sera renforcée par rapport à la situation actuelle. Le montant de cette prestation sera plafonné et les personnes non concernées par l’allocation sociale unique continueront de bénéficier de l’aide au logement.

La retraite plus tard et des petites pensions revalorisées

Pour François Fillon, il va falloir relever progressivement l‘âge de départ à la retraite de 62 à 65 ans. Et les régimes publics et privés seront harmonisés. En contrepartie, les pensions de moins de 1000 euros seront augmentées de plus de 300 euros par an. Et les petites pensions de réversion des veuves et veufs seront revalorisées de 10 %.

Moins d’immigration

Sur ce thème, il tient avec Marine Le Pen la ligne la plus dure. François Fillon veut faire voter chaque année par le Parlement des quotas qui plafonneraient le nombre de titres de séjour délivrés. Ce nombre, il souhaite qu’en cette période “d’extrême tension”, il soit inférieur à 100.000.

Les prestations sociales ne seraient octroyées qu’après deux ans de résidence en France, les étrangers en situation irrégulière “systématiquement” éloignés, et Schengen renégocié pour renforcer les contrôles aux frontières. Quant aux conditions d’acquisition de la nationalité française, elles seraient considérablement durcies.

Impunité zéro

C’est l’un des slogans de campagne du candidat Fillon. Sa mesure phare, c’est l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans.
Il veut aussi rétablir les peines planchers en cas de récidive, créer 16 000 places de prison et recruter 5 000 agents des forces de l’ordre.
La déchéance de la nationalité pour les Français partis combattre à l‘étranger, François Hollande y avait renoncé, lui promet de l’appliquer. Il veut également réformer les services de renseignements en les plaçant sous une même autorité.

Sur la famille, un conservatisme assumé

Sur ce terrain, le candidat donne des gages à ses partisans ultra-conservateurs. Il veut interdire l’adoption plénière aux couples homosexuels et ne pas ouvrir la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules. Il souhaite aussi rétablir les allocations familiales sans conditions de ressources et relever l’avantage fiscal du quotient familial.

Sur l‘école, une grande réforme

François Fillon veut “réformer le système éducatif du primaire au supérieur, faciliter l’essor des nouvelles formes d’emploi indépendant et développer l’alternance.”

Il veut “mettre en place dès le collège des “modules d‘éducation” pour préparer les jeunes dans leurs choix d’orientation (éducatifs ou professionnels).”

Il veut aussi “introduire dans les programmes davantage de contenu qui soit en lien avec la vie professionnelle future des élèves, en formant les jeunes dès le collège, avec l’obligation de faire au moins 6 semaines de stages durant cette période (2 semaines en 4e et 4 en 3e), et encourager également les stages professionnels au lycée.”

Dans l’enseignement professionnel, il veut “généraliser progressivement l’apprentissage, en développant rapidement des sections d’apprentissage dans les lycées professionnels, en organisant des jumelages entre CFA et lycées professionnels, en décloisonnant les parcours des jeunes et en permettant des réorientations.”

Dans ce cadre, il entend “confier la gestion des centres de formation des apprentis (CFA) et des lycées professionnels aux régions, en association avec les branches. Les chefs d‘établissement devront disposer d’une autonomie d’action et de moyens dans le cadre d’objectifs fixés annuellement.”

Il veut “mettre en place une exonération totale des charges sociales pour l’embauche d’un jeune en alternance, et lancer une grande campagne de promotion de l’alternance.” Mais il ne dit rien sur le financement de cete exonération de charges.

Il veut aussi “supprimer les emplois d’avenir et les contrats de génération, qui coûtent 1,2 Mds€ par an au budget de l’Etat, et réorienter ces sommes vers l’alternance. Cette suppression ne s’appliquera pas aux contrats aidés dans le domaine du handicap.”

Développer le pré-apprentissage, notamment dans les écoles de la deuxième chance, grâce aux régions qui développeront ces dispositifs, en s’appuyant également sur le service public de l’emploi (Pôle emploi, missions locales).

Améliorer l’information des jeunes et des parents en intégrant, dans le « Portail de l’Alternance » les opportunités professionnelles à l’échelle de chaque bassin d’emploi, ainsi que les taux d’emploi pour chaque filière et établissement à la sortie, à 3 ans et à 5 ans, les places disponibles en CFA, les recherches d’alternants des entreprises. Ce portail sera mis à la disposition de tous les acteurs de l’emploi.

En Europe, renforcer la gouvernance de la zone euro

François Fillon propose de doter la zone euro d’un directoire politique, composé des chefs de gouvernement qui se réuniraient tous les trois mois. Il veut aussi créer un Secrétariat général de la zone euro, indépendant de la Commission de Bruxelles. Des décisions que la France ne pourrait bien évidemment pas prendre seule.

Une politique étrangère réorientée

La proximité présumée du candidat des Républicains avec Vladimir Poutine lui a valu bien des critiques, mais François Fillon n’en a cure. Pour lui, la Russie “doit redevenir un grand partenaire” de la France, et des discussions doivent être engagées avec les partenaires européens pour “parvenir à la levée des sanctions contre la Russie qui pénalisent injustement nos agriculteurs et nos entreprises”. Ainsi, il estime que la France se doit de dialoguer avec tout le monde, y compris la Syrie de Bachar el-Assad “si nécessaire”.

Quant à l’aide au développement, elle serait conditionnée à la coopération des pays d’origine de l’immigration “afin qu’ils s’impliquent dans le retour de leurs ressortissants”.

Energie et environnement : la continuité

Mis à part sa proposition décalée de “réécrire le principe de précaution” – en clair l’affaiblir – “pour favoriser l’innovation responsable”, François Fillon reprend des classiques : accélérer le développement des circuits-courts, développer les transports urbains et le véhicule électrique, et éliminer les énergies fossiles de la production d‘électricité, mais en misant toujours massivement sur le nucléaire dont le parc serait “modernisé pour en prolonger la durée d’exploitation”.

Site de campagne de François Fillon : https://www.fillon2017.fr/projet/

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