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France : Poutou flingue Le Pen et Fillon lors du débat présidentiel


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France : Poutou flingue Le Pen et Fillon lors du débat présidentiel

Ceux que l’on appelle en France les “petits” candidats parce qu’ils n‘émergent pas dans les sondages d’opinion – ils sont 6 engagés dans la course à l‘élection présidentielle – ont bien profité des projecteurs de la télévision pour secouer le cocotier de la politique traditionnelle. Les politologues et les éditorialistes de la presse sont tous d’accord là-dessus au lendemain du débat télévisé qui a vu s’affronter les 11 candidats en tout, pour la première fois (et peut-être la dernière) lors de cette campagne.

A l’extrême gauche, Philippe Poutou, du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et Nathalie Arthaud, de Ligue ouvrière (LO), les souverainistes Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France (DLF) et François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine (UPR), le candidat “inclassable” Jacques Cheminade, président de Solidarité et progrès, enfin le député béarnais Jean Lassalle, ont bousculé les 5 principaux candidats sans les ménager, à maintenant 18 jours du scrutin présidentiel.

“C’est des petits qu’est venue la lumière”, n’hésite pas à écrire ce mercredi Yann Marec dans Midi Libre. “C‘était l’apparition en pleine lumière des hommes et des femmes de l’ombre”, confirme Laurent Joffrin, l‘éditorialiste de Libération. Leur parole, estime-t-il, était “intempestive, dérangeante, sincère souvent”. Ce qui est surtout important pour Denis Daumin, de La Nouvelle République du Centre-Ouest, c’est qu’on a pu voir ainsi “un autre visage de l’opinion. Celle que l’on entend peu. Déroutante, contradictoire, brouillonne (…) Nous n‘étions plus habitués”.

Poutou en pourfendeur de la corruption

Philippe Poutou, ouvrier dans l’industrie automobile, est sans doute celui qui s’est fait le plus remarquer dans ce débat présidentiel. Il a jeté un gros pavé dans la mare en accusant François Fillon, candidat du parti de droite Les Républicains et Marine le Pen, chef de file du mouvement d’extrême droite Front national, de “piquer dans les caisses publiques”. “Plus on fouille, plus on sent la corruption, a-t-il lancé à François Fillon. Ce sont des bonhommes qui nous expliquent qu’il faut la rigueur, l’austérité, alors qu’ils piquent dans les caisses”.
Le vainqueur de la primaire de la droite, qui a été mis en examen à la mi-mars, notamment pour détournement de fonds publics, a promis au candidat de NPA de lui “foutre un procès”.

Philippe Poutou n’a pas oublié Marine Le Pen dans sa colère : “Pour quelqu’un d’anti-européen, ça ne la gêne pas de piquer dans les caisses de l’Europe”, a-t-il attaqué. “Le Front national se dit anti-système mais se protège grâce aux lois du système avec son immunité parlementaire et refuse d’aller aux convocations policières, donc peinard !”, a-t-il poursuivi. “Nous, quand on est convoqué par la police, nous n’avons pas d’immunité ouvrière, on y va”. Ce dernier assaut lui a valu des applaudissements sur le plateau de télévision.

"Fichez-nous la paix avec la religion !"

Quant à Nicolas Dupont-Aignan, candidat de DLF, il n’a pas laissé souffler François Fillon en lui adressant une pique dès son préambule : “J’ai toujours servi les Français sans jamais me servir”, a-t-il déclaré.

Une passe d’armes sur la religion a également eu lieu entre Jean-Luc Mélenchon, du parti La France insoumise, et Marine Le Pen. A cette dernière, qui s’attardait sur le bon droit, selon elle, d’installer des crèches en mairie, il a envoyé “Fichez-nous la paix avec la religion !”, affirmant que 60% des Français n’ont pas de religion. “Nous ne sommes pas obligés de subir vos foucades, vos trouvailles, votre manière de nous imposer à tous une manière de vivre qui n’est pas la nôtre”, a-t-il ajouté.

Après quatre heures de débat télévisé, les positions des “favoris” ont un peu évolué :
Selon un sondage Elabe, Jean-Luc Mélenchon a fait une percée, jugé le plus convaincant par 25% des Français interrogés. Emmanuel Macron, du parti En Marche !, n’arrive qu’en deuxième position avec 21%.
En revanche, le candidat centriste est considéré par 27% des sondés comme ayant le plus les qualités nécessaires pour être président. Derrière lui, c’est encore Jean-Luc Mélenchon qui se place à 21%, suivi de peu par François Fillon avec 20%. Marine Le Pen s‘écroule à 13% à l’issue du débat. Benoît Hamon, du Parti socialiste, stagne à 10%.

Selon un sondage OpinionWay, ils sont trois à avoir le plus convaincu, à égalité à 18% : François Fillon, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen n’a séduit que 11% des Français sondés, Benoît Hamon seulement 8%.

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