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Le référendum turc divise la diaspora de Belgique


Le bureau de Bruxelles

Le référendum turc divise la diaspora de Belgique

Le référendum de dimanche en Turquie sur l’extension des pouvoirs du président cristallise les tensions au sein de la communauté turque de Bruxelles. Les secousses liées à la tentative de coup d’État avorté en juillet dernier se font encore ressentir. La police a enregistré ces derniers mois 80 plaintes de menace de mort ou d’agression contre des membres de la communauté turque. Certains entrepreneurs ont fermé boutique car ils sont soupçonnés d’appartenir au mouvement de Fethullah Gülen, accusé par les autorités turques d‘être à l’origine du putsch.
Pour Kader Sevinç, la représentante du CHP, le principal parti d’opposition, il n’est pas possible de faire campagne dans ces conditions. «  Aujourd’hui on constate qu’en Turquie il y a d‘énormes pressions contre ceux qui font campagne pour le non. La même pression s’exerce sur les Turcs qui vivent au cœur de l’Europe », explique-t-elle.
Selon le représentant du parti au pouvoir en Turquie, l’AKP, ce référendum doit permettre de donner les rênes du pays à une seule personne, le président, et faciliter ainsi son action. « La Turquie avance de manière parallèle aux valeurs européennes », assure Ruhi Açıkgöz. Cet avis n’est pas partagé par Mustafa Kumral. Le représentant du HDP (parti pro-kurde) à Bruxelles juge que « le fossé se creuse entre les gens. Cela créera forcément de sérieux problèmes à l’avenir ».
Le scrutin était ouvert jusqu’au 9 avril pour les 120 000 électeurs turcs de Belgique. Des incidents ont éclaté à la fin du mois de mars devant le consulat de Turquie à Bruxelles. Plusieurs personnes ont été blessées à l’arme blanche lors de ces échauffourées.