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Présidentielle/Temps de parole des candidats : de l'équité à l'égalité

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Par Christophe Garach
Présidentielle/Temps de parole des candidats : de l'équité à l'égalité

<p>Un casse-tête pour les chefs d’antenne <a href="http://www.csa.fr/Television/Le-suivi-des-programmes/Le-pluralisme-politique-et-les-campagnes-electorales/L-election-presidentielle-2017/Les-temps-de-parole-et-d-antenne">des radios ou des télévisions françaises</a>.<br /> Depuis lundi et jusqu’au 21 avril à minuit, ces derniers doivent veiller – à la seconde près – au temps de parole accordé aux onze candidats à l‘élection présidentielle (exception faite pour Arte, <span class="caps">LCP</span>-AN et Public Sénat).</p> <h3>La fin de l‘équité</h3> Avant l’ouverture officielle de la campagne, les télés et les radios se devaient d’accorder un temps d’antenne au nom de <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000023492991">l‘équité</a> et du pluralisme en période électorale. Un principe qui accordait de fait plus d’espace aux “grands” candidats en fonction de leurs poids, réel ou supposé, dans l‘électorat français. <h3>Place à la stricte égalité</h3> Lundi, ce principe d‘équité a donc cédé sa place au principe de stricte égalité. Ce qui signifie concrètement que François Fillon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Benoït Hamon ou Jean-Luc Mélenchon disposent du même temps de présence que des candidats dont les intentions de vote ne dépassent pas les 1 à 4% dans les sondages (dont Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, François Asselineau, Jacques Cheminade, Jean Lassalle, ou Nicolas Dupont-Aignan). <strong>Précision supplémentaire : cette égalité devra être appliquée dans des conditions de programmation comparables y inclus notamment les tranches horaires</strong>. <h3>Choix mathématique</h3> Depuis 2007, ces dispositions sont régulièrement critiquées car jugées impratiquables dans les faits. Le message a été à moitié entendu par le législateur : certes, la loi a été modifiée et la période de stricte égalité a été ramenée de cinq semaines à deux semaines mais le principe n’a pas été abrogé. <p>Le conseil supérieur de l’audiovisuel (<span class="caps">CSA</span>) estime que ces obligations demeurent nécessaires pour encadrer le débat démocratique <em>a fortiori</em> pour les “petits” candidats qui ne disposent pas des mêmes moyens financiers que leurs rivaux issus de grands partis.</p> <p>Ce n’est pas le point de vue de Frédéric Métézeau, le chef du service politique de France Inter, comme il l’a expliqué dans sa <a href="https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-10-avril-2017">dernière chronique</a>. <br /> <em>“Le pluralisme, dit-il, c’est donner la parole à tout le monde dans de justes proportions, ce n’est pas l‘égalité arithmétique (…). Nous devrions faire des choix éditoriaux et non pas mathématiques”.</em></p> <blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr">Frédéric Métézeau (<a href="https://twitter.com/FredMetzo"><code>FredMetzo</a>) : «L’égalité parfaite du temps de parole, c’est la négation de la hiérarchisation» <a href="https://t.co/V3DJclHpV0">https://t.co/V3DJclHpV0</a> <a href="https://t.co/dmtP6wYTvp">pic.twitter.com/dmtP6wYTvp</a></p>&mdash; Libération (</code>libe) <a href="https://twitter.com/libe/status/851469856398508035">10 avril 2017</a></blockquote> <script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script> <h3>500 parrainages</h3> Les défenseurs de la stricte égalité rappellent au contraire que la Vème République a établi une série de filtres afin de limiter le nombre de candidats farfelus à l‘élection suprême. Dès lors qu’un candidat parvient à obtenir le parrainage de 500 élus – un travail de collecte compliqué – il est donc normal que tous les candidats validés par le conseil constitutionnel puissent bénéficier des mêmes avantages. <h3>Chien de garde</h3> Si les chaînes de télé ou de radio doivent veiller à respecter <a href="http://fr.calameo.com/read/004539875a5db90995944?bkcode=004539875a5db90995944">ces règles</a> , c’est le conseil supérieur de l’audiovisuel qui en contrôle le respect <em>a posteriori</em>. Selon <em>Le Parisien</em>, le <span class="caps">CSA</span> a confié cette surveillance quotidienne <a href="http://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/le-debat-presidentielle-l-egalite-du-temps-de-parole-a-t-elle-encore-du-sens-10-04-2017-6840564.php">à une quinzaine de chargés de mission</a> qui décortiquent chaque jour une quarantaine d’heures démissions. <p><strong>Quid en cas de non-respect des règles ?</strong><br /> Sur le papier, le <span class="caps">CSA</span> dispose d’un pouvoir de sanction : en cas de manquement grave, il peut révoquer une autorisation de diffusion (surtout pour les chaînes de la <span class="caps">TNT</span>). Mais dans les faits, ce risque rest très hypothétique. En cas de plainte du <span class="caps">CSA</span>, les médias concernés ont tout intérêt à s’expliquer ou à rectifier le tir… rapidement.</p>