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Après une série de manifestations en 2016 émaillées de violences, les étudiants chiliens sont redescendus mardi dans la rue par milliers pour réclamer une accélération du projet de loi sur l‘éducation gratuite, provoquant de nouveaux incidents.
Au cours de cette première mobilisation de l’année, certains manifestants portant des masques et habillés en noir ont jeté des pierres aux forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et canons à eau pour les disperser.
L’objectif affiché de cette réforme de la présidente socialiste Michelle Bachelet est d’en finir avec un système éducatif largement privatisé et profitant davantage aux élites, hérité de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).
Mais depuis le lancement du projet en 2014, les manifestations de lycéens, d‘étudiants et de professeurs se multiplient pour réclamer une mise en place plus rapide et moins sélective.
“La réforme n’est pas suffisante, il faut que la gratuité soit étendue et que l‘éducation publique soit de qualité. Il manque trop de choses, c’est pourquoi il faut manifester”, a déclaré à l’AFP Rocio, étudiante en sciences sociales.
Le texte de loi devait être adopté mardi par la commission de l’Education de l’Assemblée nationale, ouvrant la voix à son examen par les deux chambres.
La réforme de l‘éducation était l’une des principales promesses de campagne de Michelle Bachelet. Une partie a déjà été votée, interdisant la sélection des étudiants et introduisant de manière progressive la gratuité dans les établissements recevant l’aide de l’Etat.
Dans les universités, près de 145.000 étudiants (sur un million), appartenant aux catégories les plus pauvres de la population, ont commencé en 2016 à étudier gratuitement, pour la première fois en 35 ans, toujours dans le cadre de cette réforme qui vise à moyen terme la gratuité totale. Quelque 200.000 étudiants devaient en bénéficier cette année.
Le mouvement étudiant souhaite accélérer le calendrier parlementaire, craignant de voir le projet tomber dans les oubliettes à l’approche de l‘élection présidentielle de novembre.
Le favori des sondages, l’ex-président de droite Sebastian Piñera (2010-2014), a d’ores et déjà fait savoir qu’il n‘était pas un partisan de la gratuité totale et a promis un système de bourses et de crédits étudiants s’il est élu.

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