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La République du Somaliland au bord de la famine


Somalie

La République du Somaliland au bord de la famine

*Plus de 80 % du bétail a disparu. Toutes les rivières croisées de l’ouest jusqu‘à la capitale de la République du Somaliland, Hargeisa, sont à sec.
Le Somaliland, ancienne colonie britannique, a déclaré son indépendance en 1991, après 3 ans de guerre avec la Somalie. Aujourd’hui, cette République n’est toujours pas reconnue comme un Etat par les Nations Unies, seulement comme une région autonome. Cependant, peu importe aujourd’hui, puisqu’entre le choléra et la famine, cette région, et le reste de la Somalie, sont en alerte.*

Près du village de Baldheere, à quelques kilomètres de la frontière éthiopienne, un groupe de déplacés lutte pour survivre. Ces derniers mois, ils ont fait environ 400 kilomètres pour trouver de l’eau et de la nourriture, ils ont presque tout perdu :

Je suis venue ici à cause de la sécheresse, mais c’est pareil. J’avais 70 chèvres et moutons, il ne m’en reste plus que six“, explique Layla Abdi.

Dans toute la Somalie, environ 600 000 personnes ont dû quitter leur foyer à cause de la sécheresse. Les rangs de ces déplacés ont grossi surtout depuis novembre, après la quatrième saison des pluies consécutives sans précipitation. La capitale du Somaliland, Hargeisa, accueille des déplacés climatiques.

Les populations rurales représentent plus de deux tiers de la population actuellement en insécurité alimentaire et en demande d’aide vitale. La plupart rejoignent les villes. A Hargeisa, 9 500 déplacés sont arrivés entre novembre et avril. Certains se sont arrêtés ici, dans le camp de Digaale“, nous explique notre reporter à Hargeisa, Monica Pinna.

Le camp de Digaale a ouvert ses portes en 2013 pour venir en aide aux déplacés de la première sécheresse. Il accueille aujourd’hui 1 200 familles. 300 sont arrivées ces deux dernières années, mais le mois dernier a connu une accélération, puisqu’en quatre semaines, une centaine de familles est arrivée.

Nous leur donnons de la nourriture, des soins médicaux, et nous voyons comment on pourrait les aider plus, mais nous n’avons aucune aide, auncun soutien d’ONG pour le moment“, explique Hassan Omar, leader de la communauté de Digaale.

Ugaso est Ethiopienne, elle fait partie des nouveaux arrivants dans le camp. Elle est arrivée il y a trois semaines avec cinq autres mamans et 12 enfants. Six familles vivent ensemble ici.

La situation est meilleure ici que d’où nous venons. Le seul défi aujourd’hui, c’est l’accès à l’eau, car le réservoir n’en a plus… Tant que nous sommes encore en vie, je ne pense pas que nous retournerons chez nous, il n’y a plus rien là-bas.

*Les enfants sont parmi les plus vulnérables. Selon les Nations unies, un million d’enfants devrait souffrir de malnutrition cette année en Somalie. En février, ils étaient 71 000 à être atteints de malnutrition sévère. A Hargeisa, l’hôpital de l’UNICEF qui s’occupe d’enfants malnutris avec complications a déjà trois plus de petits patients depuis que la sécheresse a commencé.
Le service a atteint ses limites : il y a seulement 16 lits.*

En ce moment, nous recevons environ 30 patients par jour et les enfants arrivent la plupart en présentant des diarrhées, des rougeoles, ou des maladies respiratoires“, epxlique le chef du centre de stabilisation de l’UNICEF,Khadar Ahmed Omar.

Hamda a 20 mois, elle pèse 6 kilos, l‘équivalent d’un bébé de 4 ou 5 mois… Elle est arrivée dans le coma il y a deux semaines. Sa famille vient d’une région rurale, elle a perdu tout son bétail, et Hamda est tombée malade en buvant de l’eau contaminée.

Dans toute la Somalie, plus de la moitié de la population a besoin d’aide, soit 6,2 millions de personnes. Dans la Corne de l’Afrique, 12 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Mais selon l’ONU, plus de 20 millions de personnes sont confrontées aux privations et à la famine, y compris au Nigeria, au Yémen et dans le Sud-Soudan.

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