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Allemagne : le parti d'Angela Merkel remporte une élection régionale test

Le parti conservateur a nettement remporté dimanche une élection régionale dans le nord de l'Allemagne, confortant le statut de favorite de la chancelière pour se succéder à elle-même après le

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Allemagne : le parti d'Angela Merkel remporte une élection régionale test

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Le parti conservateur d’Angela Merkel a nettement remporté dimanche une élection régionale dans le nord de l’Allemagne, confortant le statut de favorite de la chancelière pour se succéder à elle-même après les législatives de septembre.

Les démocrates-chrétiens de la CDU ont remporté entre 33 et 34% des voix dans l’Etat régional du Schleswig-Holstein, en progression par rapport au précédent scrutin de 2012, contre 26 à 27% pour le parti social-démocrate (SPD), qui gouvernait jusqu’ici cette région frontalière du Danemark et recule beaucoup par rapport à il y a cinq ans, selon des estimations des chaînes ARD et ZDF publiées dans la soirée.

Il s’agit d’un cuisant revers pour le nouveau président du SPD, Martin Schulz, et ses espoirs de faire vaciller Angela Merkel: au pouvoir depuis 2005, elle briguera à l’automne un quatrième mandat.

Avec ce succès au Schleswig-Holstein, c’est en effet la première fois depuis l’arrivée au pouvoir de la chancelière que son parti est en mesure de récupérer la direction d’un des nombreux Etats régionaux allemands perdus dans l’intervalle. Le signal est fort.

Pour l’ancien président du Parlement européen, il s’agit de la deuxième défaite consécutive dans une élection régionale cette année. Le SPD avait déjà été sévèrement battu en Sarre en mars.

Et il va devoir à présent affronter en position de faiblesse un test encore plus important pour lui : dans une semaine c’est dans l’Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie (ouest), le plus peuplé du pays, que le SPD affronte un scrutin régional, le dernier avec l‘élection législative de septembre.

Or, une nouvelle défaite dans cette région que les sociaux-démocrates gouvernent presque sans discontinuer depuis la Deuxième guerre mondiale réduirait de facto à néant les espoirs du parti de pouvoir s’emparer du pouvoir à Berlin à l’automne.

L’Etat du Schleswig-Holstein, région avant tout agricole, représente, avec 2,3 millions d’habitants, moins de 3% de la population allemande. Mais le résultat avait valeur de test.

Au final, le SPD recule d’environ 4 points par rapport au précédent scrutin de 2012. Il n’a que fort peu de chances avec un tel score de pouvoir rester à la tête du gouvernement régional, même si arithmétiquement il pourrait en théorie former une coalition suffisante en sièges au parlement local avec les écologistes, qui ont enregistré 13,5% des voix, et les libéraux du FDP (centre-droit) qui progressent de plus de trois points à 11,5%.

Mais les Libéraux ont clairement affiché leur préférence pour une alliance avec la CDU, et les conservateurs négocieront en position de force.

Alors qu’Angela Merkel paraissait en grande difficulté sur le plan politique dans son pays, après avoir pris la décision impopulaire d’ouvrir les portes de l’Allemagne à plus d’un million de migrants en 2015, la situation s’est peu à peu retournée ces derniers mois.

La question de l’immigration n’est plus au premier plan des préoccupations de l’opinion, et la bonne santé de l‘économie allemande, avec un taux de chômage à un niveau historiquement bas, reprend le dessus.

Surtout, Angela Merkel continue par son image rassurante, modérée, et son expérience au pouvoir à gagner des suffrages dans de larges pans de la population.

Martin Schulz a donné un temps l’impression de pouvoir la mettre en danger. Son arrivée à la tête du SPD en février a suscité un moment d’euphorie. Mais ces dernières semaines “l’effet Schulz” s’est estompé.

Angela Merkel bénéficie aussi d’une forte baisse du parti nationaliste Alternative pour l’Allemagne, l’AfD, à la pointe de la contestation de sa politique migratoire généreuse.

Il n’a réussi à entrer au Parlement du Schleswig-Holstein qu’en franchissant de justesse le seuil minimum de 5% des suffrages, à 5,5% selon les estimations.

Avec agence (AFP)