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Israël : l'ado, enfermé depuis 14 ans, ressemblait à "un zombie"

Depuis sa naissance il y a 14 ans, cet enfant n’existait pas, jamais enregistré, jamais signalé, jamais scolarisé.

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Israël : l'ado, enfermé depuis 14 ans, ressemblait à "un zombie"

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Depuis sa naissance il y a 14 ans, cet enfant n’existait pas, jamais enregistré, jamais signalé, jamais scolarisé… Et pour cause, il était séquestré par ses propres parents dans un appartement insalubre – le mot est faible – dans la ville de Hadera, en Israël. Ce sont des policiers qui l’ont délivré, par hasard car ils venaient simplement inspecter le logement après une plainte des voisins. La puanteur qui s’en dégageait était devenue insupportable.

La porte était très difficile à ouvrir, alors les agents sont passés par une fenêtre, rapportent des journaux israéliens. Ils ont mis les pieds dans des lieux effectivement pestilentiels, dignes d’une déchetterie, des sacs pleins d’ordures jonchaient le sol. Dans ce capharnaüm, une sorte d’enclos avait été monté avec des étendoirs à linge recouverts de bâches. C’est peut-être là, soupçonne la police, que le jeune garçon a dû passer toutes les premières années de sa misérable vie. L’enquête le dira, elle ne fait que commencer.

"Comme un zombie"

Un voisin qui voyait pour la première fois l’adolescent a témoigné à la radio : “J’ai vu ses yeux (…) il était comme un zombie dans les films d’horreur”. La jeune victime a expliqué à ses libérateurs qu’elle avait le droit de sortir dans la cour de l’immeuble environ une demi-heure tous les quinze jours… le plus souvent la nuit.

Ses parents, âgés d’une soixantaine d’années, originaires de Russie, ont été arrêtés et sont interrogés, mais ils ne parlent quasiment pas l’hébreu. Le garçon de 14 ans a été pris en mains par les services sociaux de Hadera et reçoit dès à présent des soins médicaux. Sa douloureuse histoire fait la Une de la presse en Israël. Les lecteurs sont bouleversés.

Cette affaire peut aussi faire réfléchir sur la société israélienne à deux vitesses économiques. Alors que la croissance est forte et le chômage très bas, le pays connaît un taux de pauvreté de plus de 21%, qui est montré du doigt par l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques. Dans la ville de Hadera, les plus pauvres sont en majorité des immigrés, venus surtout de Russie, comme les parents de l’adolescent martyrisé.