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50 ans du Met au Lincoln Center : l'opéra dans toute sa splendeur


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50 ans du Met au Lincoln Center : l'opéra dans toute sa splendeur

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C’est l’une des scènes lyriques les plus prestigieuses au monde : créé en 1883, le Metropolitan Opera a célébré sa cinquantième saison au très contemporain Lincoln Center de New York par un spectacle unique et grandiose.

Quelque 3.800 spectateurs ont eu le privilège de voir défiler sur scène, quarante des plus grands chanteurs et cantatrices contemporains. Tous ont interprété des extraits des opéras les plus connus inscrits au répertoire du Met, mais aussi d’opéras au programme des saisons futures.

A la maison

A 76 ans, participer à cette célébration allait de soi pour le ténor et chef d’orchestre espagnol Plácido Domingo. “En 50 ans, j’ai fait 21 ouvertures de saison au Metropolitan Opera, j’y ai chanté dans 750 représentations et j’ai aussi dirigé plus d’une centaine d’oeuvres. Donc c’est toute une vie vraiment. Je me sens chez moi,“ nous confiait-il au terme de cinq heures de spectacle. Le chanteur a interprété un extrait d’Andrea Chénier, opéra signé Umberto Giordano, “Nemico della patria“, ainsi que “Baigne d’eau tes mains“ du Thaïs de Jules Massenet, en duo avec la très populaire Renée Fleming.

Cette soirée, l’intendant du Metropolitan Opera, Peter Gelb, y a consacré une attention toute particulière. New Yorkais de naissance, le Met a bercé sa jeunesse. Il garde notamment un souvenir vibrant de sa première expérience des lieux, peu après l’inauguration. “Quand j’avais 13 ans, mes parents m’ont emmené au Met et en fait, nous étions assis dans la loge de Rudolf Bing qui occupait le poste que j’ai aujourd’hui. A un moment du spectacle, quelqu’un a sifflé et Bing s’est levé d’un bond et est sorti en courant de sa loge pour réprimander les spectateurs fautifs. Je ne me doutais pas bien sûr qu’un jour je viendrais m’asseoir dans la même loge que lui, mais en tant qu’intendant moi-même.“ Et de préciser dans un sourire amusé : “Bien sûr, je préfère de loin les applaudissements aux huées, mais je ne dicte pas son comportement au public !

Standing ovations

Un public enthousiaste ce 5 mai au Lincoln Center qui a applaudi à tout rompre et s’est même levé à deux reprises : l’une pour saluer la carrière de James Livine, chef d’orchestre et directeur musical honoraire du Met, contraint par la maladie au départ après 40 ans de bons et loyaux services. Il était de retour ce soir-là, en fauteuil roulant, pour diriger Thaïs et les choeurs de Aïda de Verdi qui clôturaient la soirée. La relève est assurée par le Québécois Yannick Nézet-Séguin, également à la baguette pour ce cinquantième anniversaire.

Ovation debout également pour le baryton russe Dmitri Hvorostovsky, invité surprise. Atteint d’une tumeur au cerveau, il avait quitté la scène l’an dernier. Bien que fragile, il a mobilisé toute son énergie pour entonner “Cortigiani !“ du Rigoletto de Verdi. “J’ai fait mes débuts au Met en 2013 dans Rigoletto,“ se souvient la soprano “Sonya Yoncheva”:
http://sonyayoncheva.com/en/news. “Et j’ai été immensément touchée ce soir de voir Dmitri Hvorostovsky chanter Rigoletto parce qu’en fait, il était mon Rigoletto à mes débuts ici. Et il m’a énormément soutenue. Donc quand j’ai vu cet homme, ce grand artiste, faire ce qu’il a fait ce soir pour ce théâtre, j‘étais littéralement en larmes.

Valse des décors

La soprano bulgare est l’une des étoiles montantes de l’art lyrique. Elle interprétait, en duo avec le ténor maltais Joseph Calleja, deux airs de La Bohème de Puccini qu’elle s’apprête à chanter à La Scala. “_Ils ont fait quelque chose de vraiment fantastique avec l‘éclairage pour que nous apparaissions dans la Bohème comme dans un film. Nous avions ce filet devant nous sur lequel étaient projetées des images afin de transporter le public dans la production unique et iconique de Zeffirelli
._” La vidéo a en effet permis d’assurer des changements de décor rapides entre chaque prestation.

Pour Sonya Yoncheva, “se produire au Met, ce n’est pas seulement chanter dans le plus incroyable des théâtres au monde aujourd’hui, c’est aussi une question de confiance en soi. Ai-je assez de force ? En suis-je capable ou non ?“ Une appréciation d’autant plus partagée par la mezzo-soprano Joyce DiDonato qu’elle est américaine. C’est sur cette scène que sa compatriote Renée Fleming l’a inspirée : “j’ai senti mes jambes se dérober et je me suis dit : ça, c’est le sommet !

L’anniversaire du Met, “Joyce DiDonato”:
https://joycedidonato.com/ le chérira dans sa mémoire : “c‘était exaltant ! C‘était une performance exceptionnelle après l’autre. On était assis en coulisses, à s’encourager les uns les autres : écoutez celui-là et celle-ci… Et on pouvait sentir ce merveilleux mélange qu’est l’opéra qui est un hommage à la tradition mais aussi avec une approche moderne. Et comment dire… On était en famille ce soir.

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