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Maroc : nouvelle manifestation à Al-Hoceïma

Les manifestants ont battu le pavé dans le quartier de Sidi Abed, aux cris de "Nous sommes tous Nasser Zefzafi !" "Etat corrompu", et "Dignité pour le Rif".

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Maroc : nouvelle manifestation à Al-Hoceïma

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Près de 2 000 personnes ont de nouveau manifesté hier soir à Al-Hoceïma, ville du nord du Maroc, pour exiger la libération de Nasser Zefzafi. Le leader de la contestation populaire qui secoue la région depuis 7 mois, a été arrêté lundi. Mais cela n’a pas douché la motivation des protestataires. Pour la sixième nuit consécutive, les manifestants ont donc battu le pavé dans le quartier de Sidi Abed, aux cris de “Nous sommes tous Nasser Zefzafi !” “Etat corrompu”, et “Dignité pour le Rif”. La région du Rif est livrée depuis de longues années pieds et poings liés à la pauvreté et aux trafiquants de drogue. Les manifestants et le mouvement Hirak réclament des droits socio-économiques, dénoncent le chômage, la prédation et le manque d’infrastructures.

Les forces anti-émeutes s‘étaient positionnées hier soir en retrait du quartier, investi par les manifestants après la rupture nocturne du jeûne du ramadan.
Comme mardi soir, beaucoup brandissaient des portraits photocopiés de leur icône, des drapeaux multicolore amazigh (berbère), ou encore une banderole barré d’un “Arrêtez-nous, nous sommes tous des activistes”.
Ils étaient moins nombreux, mais la manifestation semblait mieux organisée, avec des volontaires en gilet fluo canalisant la foule, et des femmes mises en premier plan.
Le rassemblement s’est dispersé peu avant minuit sans incident.

Chômeur de 39 ans, Nasser Zefzafi n’a cessé ces derniers mois de donner des nuits blanches au pouvoir central marocain. Il était recherché depuis vendredi soir par la justice pour avoir interrompu le prêche d’un imam dans une mosquée de la ville. Une “atteinte à la sécurité intérieure” selon le gouvernement.

Depuis vendredi, la police a procédé à une quarantaine d’arrestations, visant essentiellement le noyau dur du “hirak”, selon un dernier décompte officiel.
Vingt-cinq d’entre elles ont été déférées devant le parquet. Leur procès s’est ouvert mardi mais a été reporté au 6 juin, à la demande de leurs avocats qui ont dénoncé des “mauvais traitements” pendant leur détention.
Le ministère de l’Intérieur a publié hier soir un appel à la “vigilance” face aux informations officielles qui lui sont faussement attribuées sur les réseaux sociaux et messageries instantanées.

La protestation a aussi gagné la région de Tinghir dans le centre-est du Maroc. Des rassemblements de «solidarité» ont été également signalés à Nador et Tanger, deux villes du nord du pays, ainsi qu’à Casablanca et Rabat, la capitale du Maroc.


Avec AFP