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Dans quel pays européen le prix de l’immobilier résidentiel a-t-il le plus augmenté ?

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Dans quel pays européen le prix de l’immobilier résidentiel a-t-il le plus augmenté ?

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Depuis le début du siècle, les prix de l’immobilier résidentiel en Europe ont connu des fortunes diverses. Un constat que les données d’Eurostat, l’institut européen de statistiques, réfléchissent.

Dans certains pays comme Malte et en Suède, les prix de l’immobilier résidentiel se sont inscrits à la hausse quasiment pendant deux décennies. A contrario, les propriétaires roumains et polonais n’ont pas été logés à la même enseigne. En Roumanie, les prix ont, en moyenne, baissé de 9% depuis 2009. Et en 2009, précisément, l’immobilier avait plongé de 27%, grevant l’économie du pays. Mais cette chute s’est depuis enrayée. En 2015 (+1,9%) et en 2016 (+6,5%), les prix sont en effet repartis à la hausse.

La crise bancaire et financière de 2008 a clairement eu un impact sur le marché de l’immobilier en Europe. Des pays ont mieux résisté que d’autres, comme l’Allemagne où les prix ne se sont pas effondrés en 2009, affichant même une croissance modeste de 1,9%. A l’opposé même Malte, un des pays européens où la hausse moyenne du prix de l’immobilier est la plus la forte entre 2001 et 2016 avec 6,1%, a subi les effets de la crise. L’immobilier a perdu dans ce pays plus de 6% en 2009 et n’est reparti à la hausse qu’en 2002 avec un timide 0,2%.

En Grèce, toujours en proie à des manifestations contre les mesures d’austérité prises par les gouvernements successifs, le prix de l’immobilier ne s’est pas effondré comme l’on pourrait le supposer. Bien que le marché ait connu une baisse continue depuis 2008, avec un maximum de – 12% en 2012, les prix n’ont fluctué que de -0,6% sur la période 2001-2016.

Parmi les pays les “solides”, la Suède et le Luxembourg affichent pratiquement la même progression sur la période étudiée. Entre 2001 et 2016, les prix de l’immobilier ont effet progressé de plus de 5% dans ces deux pays. La Suède, par exemple n’a connu depuis 16 ans qu’un seul épisode de baisse, avec -2% en 2008. Puis les prix se sont stabilisés pour nettement repartir à la hausse depuis 2013. En 2015, les prix ont même augmenté de 12%, soit le record en Europe cette année-là.

Selon des projections, le marché suédois devrait continuer de progresser, ainsi que celui de ses voisins scandinaves.

A l’inverse, le Royaume-Uni, où les prix de l’immobilier ont progressé de 4,2% entre 2001 et 2016, devrait connaître un inversement de tendance lié au Brexit, avancent des analystes. En effet, une récente étude de PwC, une compagnie spécialisée dans les missions d’audit, considère que l’indice du secteur immobilier britannique va passer de “sur-performant à un sous-performant” en raison du référendum sur la sortie de l’Union européenne.

Des responsables d’entreprises paneuropéennes ont été sondés pour mener à bien cette étude. Et il s’avère que 92% d’entre-eux estiment que l’investissement sur le marché britannique va baisser, plus ou moins fortement. Et selon ces dirigeants interrogés, c’est le marché allemand qui va en tirer les bénéfices pour devenir le première place en Europe. Déjà, les investisseurs commencent à s’adapter au paysage post-Brexit. Berlin, Francfort et Hambourg “trustent” déjà les trois premières places du classement établi par PwC concernant les villes ayant les meilleures perspectives en matière d’investissement et de développement. Concernant les villes britanniques, le meilleur élève de ce classement est Birmingham à la 22e place. Londres n’apparaît qu’en 27e position, également distancée par Manchester et Edimbourg, illustrant le fait que la capitale britannique sera sans doute celle qui va le plus pâtir du Brexit.

En 2016, les prix de l’immobilier ont partout augmenté en Europe continentale et dans la zone euro, à l’exception notoire de la Grèce et de l’Italie. Mais la situation dans ces deux pays, ainsi qu’en Espagne où les effets de la crise immobilière se font encore sentir, implique pour la Banque centrale européenne de « mieux surveiller les vulnérabilités » de ce marché si primordial pour la croissance du continent.