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Dans le monde du capitalisme triomphant, seul le succès compte. L’échec est voué à l’oubli, au mépris. Et pourtant… Ce 7 juin ouvre en Suède à Helsingborg, dans le sud-ouest du pays, un musée dédié aux plus grands bides commerciaux de ces dernières décennies. Le créateur du musée, Samuel West, originaire de Californie, expose une collection d’objets dont les carrières commerciales ont fait des “flops” retentissants.

L’idée n’est pas uniquement de prêter aux rires ou à la boutade, mais selon West, docteur en psychologie du travail, plutôt de comprendre les raisons de ces échecs : “L’innovation requiert des échecs. Si on a peur de l‘échec, on ne peut pas innover. Je veux encourager les entreprises à mieux apprendre de leurs échecs et de ne pas les ignorer ou prétendre qu’ils n’ont jamais existé”.

Parmi les plus de 50 objets exposés au “Museum of failure” (Musée de l‘échec), certains retiendront plus l’attention des visiteurs, comme une variante du Monopoly basée sur l’insolente réussite dans l’immobilier… de l’actuel président des Etats-Unis, Donald Trump. Lancé en 1989, ce jeu bien trop compliqué fut un désastre pour son éditeur Parker. Pour la petite histoire, ce jeu est aussi au centre d’une polémique, car Trump s’était engagé à reverser les bénéfices à des associations caritatives… sans que cela se soit effectivement produit.

Museum of Failure, Sweden

Si tous les domaines de l‘économie ont connu des naufrages commerciaux, l‘électronique et l’informatique sont particulièrement bien représentés dans la collection du musée.

Qui se souvient de l’Apple Newton, sorti en 1993, un précurseur des tablettes tactiles ? L’objet, sans doute trop novateur et trop cher a été vite oublié avec le succès de l’iPad. Dans cette galerie des “monstres”, le lecteur Zune de Microsoft (concurrent de l’iPod mais qui ne connut pas le même destin), la Nokia N-gage (un mariage raté entre un téléphone et une console de jeu) et les Google Glass figurent en bonne place. Les visiteurs français seront même ravis de retrouver “leur” minitel.

Pléthore de produits alimentaires sont également exposés, comme les improbables Lasagnes… Colgate !!! Les boissons ont aussi droit à leur panthéon de l’échec : Coke II, Cristal Pepsi. Et que penser du Ketchup Heinz vert ? Tous oubliés !

Une mention spéciale est attribuée au parfum Harley-Davidson. Une hérésie marketing qui fut un “four” commercial, tant l’idée même d’une eau de toilette semble bien loin de l’imaginaire véhiculé par le constructeur américain de motos. Enfin, un regard curieux se posera sur le masque de beauté de Linda Evans, star de la série “Dynastie”. Plus proche de l’instrument de torture que du produit de beauté, l’objet était équipé d’électrodes installées à l’intérieur du masque diffusant des petites décharges électriques censées avoir des effets sur la peau.